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Catalogne : Barcelone veut tripler la taxe touristique sur les escales de croisière

Un accord politique prévoit de porter à 30 euros la taxe acquittée par chaque passager de croisière faisant escale moins de 12 heures à Barcelone. Le vote du parlement régional est attendu le 2 juillet.

Quelques semaines après le doublement de la taxe touristique pour les séjours hôteliers, Barcelone s’attaque au sujet des croisières. Et plus particulièrement des escales dites courtes, c’est-à-dire d’une durée de moins de 12 heures dans le port de la capitale catalane. Un accord politique signé et le PSC (socialistes), ERC (indépendantistes) et Comuns (gauche) prévoit de faire passer de 11 à 30 euros par passagers pour les navires concernés.

La taxe actuelle, établie à 11 euros, se décompose en deux parts. Six euros de taxe sont d’abord reversés au gouvernement régional, la Generalitat. Et cinq euros de surtaxe municipale sont ensuite prélevés par la mairie de Barcelone. Si le parlement catalan, qui doit se prononcer le 2 juillet, approuvait la mesure, le nouveau dispositif maintiendrait la part régionale à six euros, tandis que la surtaxe municipale bondirait de 5 à 24 euros. Le total atteindrait ainsi 30 euros par passager et par escale. La mesure ne concernerait pas les croisières dont Barcelone constitue le port de départ ou d’arrivée.

Vers une suppression totale des escales courtes ?

Si la mesure entrait en vigueur, elle générerait plus de 20 millions d’euros supplémentaires par an pour la municipalité, selon ses estimations. Ces fonds seraient notamment affectés à une réduction de 50% du prix des cantines scolaires, ainsi qu’aux politiques de logement, conformément à la loi qui prévoit d’allouer 25% des recettes de la taxe touristique au financement du parc de logements.

Le texte s’inscrit par ailleurs dans une stratégie plus large portée par le maire de Barcelone, Jaume Collboni. L’édile a déjà indiqué dans la presse catalane vouloir réduire le nombre d’escales courtes dans la ville. Il veut même aller jusqu’à les éliminer totalement d’ici quelques années. David Cid, porte-parole de Comuns, estimant que les escales courtes sont celles qui « ont le plus d’impact » sur les quartiers, « avec un retour pratiquement nul pour la ville ».

1,7 million de passagers concernés

Et les chiffres leur donnent raison. En 2025, le port de Barcelone a consolidé sa place de premier port de croisière européen. Il a enregistré environ quatre millions de mouvements de passagers : un record. Parmi eux, 42% était des passagers d’escales courtes. Soit environ 1,7 million de personnes ayant débarqué sans passer de nuit à terre. Face à cette affluence, la mairie et le port avaient déjà signé en juillet 2025 un accord pour réduire le nombre de terminaux de croisière sur le quai Adossat, de sept à cinq, abaissant la capacité simultanée de 37 000 à 31 000 passagers d’ici 2030.

Avec 30 euros par passager, Barcelone se placerait au sommet des destinations européennes en matière de taxation des croisiéristes. À titre de comparaison, Venise prélève une taxe de débarquement pouvant atteindre 10 euros selon la saison. La France a elle finalement renoncé à instaurer une taxe de 15 euros par passager dans les ports nationaux.

La date d’entrée en vigueur effective de la mesure n’est pas encore fixée. Si le vote du parlement catalan s’avère favorable le 2 juillet prochain, la mesure pourrait entrer en application en 2027.

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