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Les habitants des îles grecques seront « tous vaccinés » début juillet, selon le ministre grec du Tourisme

Comment la Grèce prépare-t-elle la saison touristique, tout en luttant contre la pandémie ? Nous avons fait le point hier avec Harry Theoharis, ministre du tourisme de la Grèce, lors de sa visite à Paris.

L’Echo touristique : La Grèce a été l’un des premiers pays européens à officiellement lancer sa saison touristique, avant des voisins européens. La relance du tourisme est une priorité absolue ?

Harry Theoharis : En effet, après la question sanitaire, le tourisme est notre priorité. C’est le secteur le plus important, le plus contributeur pour l’économie grecque (20% selon le WTTC, Ndlr). Depuis le début de la pandémie, deux univers sont devenus essentiels : le monde médical, qui prend soin des Grecs et des gens qui vivent en Grèce, et le monde du tourisme, qui est le médecin de l’économie grecque. Donc relancer notre industrie touristique est l’une des priorités du gouvernement, pour commencer à sortir le pays de cette crise inédite.

Le European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC) vient de classer le sud de l’Egée et les îles ioniennes en catégorie rouge.  Les voyageurs belges de retour devront d’ailleurs observer une quarantaine au retour de ces archipels…

Harry Theoharis : En effet. Un autre message qu’on doit transmettre, aux Grecs comme aux touristes, c’est que la lutte contre la pandémie n’est pas terminée. Il ne faut pas se montrer imprudent, et continuer de respecter tous les protocoles que nous avons mis en place, tandis que la campagne de vaccination suit son cours. Actuellement, la Grèce vaccine 1,1% de sa population chaque jour. La priorité a d’ailleurs été mise sur les îles : en avril pour les plus petites d’entre elles, jusqu’à la fin mai pour les moyennes et d’ici fin juin pour les plus grandes. Donc, début juillet, l’ensemble des habitants des îles grecques seront vaccinés. Le succès de l’été dépendra de notre capacité à maîtriser la situation sanitaire. Nous sommes confiants, mais nous sommes sérieux. Nous n’hésiterons pas à prendre des mesures plus contraignantes si la situation l’impose. 

Nous pensons pouvoir accueillir, à terme, deux fois plus de passagers qu’en 2019, une année record pour la Grèce.

Vous venez d’inaugurer le nouvel aéroport de Thessalonique, qui conclut un programme de rénovation des aéroports régionaux grecs. Quel est votre ambition avec ces investissements ?

Harry Theoharis : C’est une coïncidence, mais nous sommes heureux que cet aéroport ouvre ses portes au moment de la reprise de notre activité touristique. Il s’agit du deuxième plus grand aéroport de Grèce. Dans le cadre de ce programme, nous avons rénové 14 aéroports régionaux. Avec ces nouveaux terminaux, nous pensons pouvoir accueillir, à terme, deux fois plus de passagers qu’en 2019, une année record pour la Grèce. Nous allons développer de nouveaux marchés tout en attirant les investisseurs dans les régions concernées. C’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé pendant cette crise : le tourisme a quand même attiré des investisseurs, et le parc hôtelier grec monte en gamme. C’est pour ça que je dis que le tourisme est vital pour l’économie grec, c’est son moteur. Nous planchons également sur la privatisation de plus petits aéroports. Tout ceci doit permettre d’augmenter le nombre de routes aériennes vers la Grèce.          

L’aérien est un enjeu clé, or des voyagistes français font état de prix très élevés pour les vols entre la Grèce et la France cet été. L’Etat grec peut-il encadrer ce marché, et faire en sorte que la Grèce demeure une destination accessible ?

Harry Theoharis : Pas autant que ce que nous voudrions, malheureusement. Notre seul moyen d’action, c’est de faire en sorte que soient établies, le plus rapidement possible, des règles d’harmonisation pour les voyages entre pays membres de l’Union européenne. La situation est encore floue, pour les touristes comme pour les professionnels du tourisme, pour qui il est difficile de s’engager. Il faut établir des règles claires, et limiter au maximum les contraintes qui refroidissent les envies de déplacements (multiplication des tests, quarantaine, …). Quand cela sera fait, de nombreuses compagnies aériennes ouvriront des lignes vers la Grèce, et je suis convaincu que le prix se régulera de lui-même si le marché est plus ouvert. C’est aussi de cela dont j’ai parlé avec Jean-Baptiste Lemoyne (secrétaire d’Etat au Tourisme, Ndlr) lors de mon arrivée à Paris.         

Je profite de mon séjour à Paris pour rencontrer les voyagistes et les agences de voyages qui travaillent beaucoup avec la Grèce.

En France, les voyagistes qui programment la Grèce constatent des réservations en forte hausse. Combien de touristes français espérez-vous accueillir cet été ?         

Harry Theoharis : Nous n’avons pas d’objectifs chiffrés. Ça n’est pas le plus important. Ce qui compte, c’est que la Grèce conserve sa tradition d’accueil touristique et maintienne la qualité de son offre. Et, plus que jamais au regard du contexte actuel, cela passe par assurer la sécurité et la bonne santé de nos visiteurs étrangers. Nous travaillons quotidiennement à cela, et c’est le message que nous devons faire passer aux marchés européens.

Des plans d’action sont prévus pour reconquérir le marché français ?

Harry Theoharis : Nous allons nouer des partenariats avec les professionnels du tourisme, ceux qui sont des habitués de la Grèce. Nous lançons également une campagne de communication appelée « Tout ce que tu veux, c’est la Grèce ». C’est une campagne qui met les Grecs à l’honneur, qui mise sur leur côté accueillant. La période que nous traversons, marquée par les confinements et la retenue, accentue nos besoins et nos envies. Et nous sommes convaincus que les gens veulent de l’humain. Les touristes européens ont de nouvelles attentes : il y a une nouvelle dimension « bien-être », par l’esprit, par le corps et par le cœur. C’est l’un de nos devoirs de combler ces attentes.

Qui allez-vous rencontrer pendant votre séjour en France ?     

Harry Theoharis : Ma rencontre avec votre ministre était l’un des moments importants de ma visite. Il est nécessaire qu’on échange, entre partenaires européens, et qu’on partage nos bonnes pratiques. Nous avons aussi pu exposer notre vision des choses, et la façon dont on envisage l’allègement des restrictions de voyages en Europe. Nous ne souhaitons pas que la Grèce soit l’une des rares destinations ouvertes cet été : les touristes doivent avoir du choix. Je vais aussi profiter de mon séjour pour rencontrer les voyagistes et les agences de voyages qui travaillent beaucoup avec la Grèce. Ils doivent relayer le bon message à leurs clients, et nous devons toujours travailler davantage avec les professionnels du tourisme.

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