10 heures, Gérard Carpentier arrive à l'hôtel Observatoire situé en face du parc du Luxembourg. L'homme vêtu d'un costume décontracté, est aussi ponctuel qu'organisé. « Nous allons commencer par le rez-de-chaussée puis nous irons voir les chambres » explique-t-il de sa voix douce au directeur de l'hôtel, Georges Bonneau. Gérard Carpentier est cogérant de certification classement hôtels, un des cabinets accrédités par la Cofrac (Comité français d'accréditation) pour réaliser les visites d'inspection des établissements hôteliers. L'expert est prêt à vérifier les 246 critères de la grille d'évaluation du nouveau classement. « Avez-vous des produits bio, allégés ?, questionne l'inspecteur dans la salle du petit-déjeuner, et la chaise haute pour bébé ? ». « Elle est dans mon bureau, à 15 min d'ici » répond le jeune directeur qui prend alors conscience de la minutie de la visite, « un peu tirée par les cheveux mais bénéfique pour la profession ». À la réception, l'inspecteur va jusqu'au cas pratique, un peu cocasse pour un 3* : « et si, à 2h du matin, je veux du caviar ? ». Le sourire aux lèvres, Georges Bonneau ironise : « de la charcuterie, c'est possible, mais pas d'hélicoptère à 2h du matin ! ». S'il constate dès le début le bon standing de l'hôtel, tout juste rénové, Gérard Carpentier doit vérifier la présence physique des éléments requis. Pour lui, « pas de doute, le directeur connaît son hôtel. Il ne cherche pas à cacher les quelques retouches de peinture à faire. » Au contraire, au moindre détail relevé, il appelle Manuel, le valet, pour mettre le bon nombre de cintres dans les chambres. Il joint Anna, femme de chambre, pour lui demander de nettoyer la poussière dans une ventilation. N°508, 401, 307, 102... 17 chambres sont à contrôler, pas facile pour un hôtel comprenant 46 clefs.
TOUT EST PASSÉ AU CRIBLE
