Axis Airways dans un trou d’air
La compagnie charter a déposé son bilan le 13 octobre. Une période d’observation judiciaire de six mois s’ouvre maintenant, avec continuation de l’activité.
L’annonce du dépôt de bilan d’Axis Airways, le 13 octobre, a rappelé de mauvais souvenirs aux professionnels, après les faillites d’AOM, Air Littoral, Air Lib, Aéris et Air Horizons. Nous avons été mis au courant de la situation difficile de la compagnie il y a quelques jours, précise Patrice Pierron, président de Prado Finance, le fonds d’investissement belge qui a pris 65 % du capital d’Axis en avril dernier. Alors que la direction nous avait dit cet été que tout allait bien, elle a été récemment très alarmiste en nous annonçant qu’il n’y avait plus de trésorerie.
Une situation d’autant plus délicate qu’elle intervient à la fin de la pleine saison, normalement bénéfique pour les compagnies. Nous nous dirigeons vers une perte annuelle de 2 ME quand, lors de notre entrée dans le capital, nous espérions un résultat de 13 ME, déplore Patrice Pierron. Le business model d’Axis était mauvais. Des vols étaient sans doute vendus à perte aux TO, ces derniers ayant par ailleurs annulé 30 % des vols réservés au cours de la saison d’été. Le report de l’arrivée d’un second B 757 a participé aux difficultés d’Axis mais, pour Prado Finance, cela n’explique pas tout.
Trouver un patron investisseur
Un administrateur judiciaire a été nommé par le tribunal de commerce d’Aix-en-Provence pour redresser la situation. Dans l’immédiat, la compagnie qui travaille avec de nombreux TO (Marmara, Go Voyages, Nouvelles Frontières, Club Méditerranée…) continue de voler. Prado Finance, qui a déjà investi 7,5 ME dans Axis, devrait participer au plan de continuation. Nous allons attendre de voir quelle est la situation réelle de la compagnie. Si elle a seulement besoin de 2 ou 3 ME, nous pourrons faire face. Si le montant est supérieur, cela peut devenir problématique.
La solution pourrait venir de l’entrée d’un nouveau partenaire financier et d’un changement de direction. Le mieux serait un patron investisseur, plusieurs nous ont déjà contactés, confie Patrice Pierron. Malgré des demandes répétées, la direction d’Axis Airways n’a pas souhaité s’exprimer.
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