Anguilla, le Saint-Barth anglais
De nouveaux hôtels et villas haut de gamme et un projet de marina pour yachts garantissent à cette île méconnue, très jet-set, son statut de repaire pour clients fortunés.
Dans les Caraïbes, quelques îles ne sont fréquentées que par des touristes triés sur le volet, comme Moustique, Canouan ou la française Saint-Barthélemy (près de Saint-Martin). Egalement voisine de Saint-Martin, Anguilla est tout aussi exclusive, mais moins connue des agences de voyages.
Il faut dire que cette île anglophone préserve encore plus l’incognito. Entièrement sableuse, petite (28 km sur 5), plate (culminant à 60 m) et allongée (d’où son nom d’anguille), elle est territoire britannique d’outre-mer et dédiée au tourisme haut de gamme. Mais elle aspire à sortir de l’ombre. Pour preuve : elle est désormais représentée en France par la société Sergat, installée à Boulogne-Billancourt (92).
Anguilla, escale de nombreuses croisières dans les Caraïbes, est principalement fréquentée par une clientèle américaine (48 000 visiteurs sur 60 000 en 2006) et très prisée des people et dirigeants de grandes sociétés, qui apprécient sa piste d’aéroport adaptée aux jets privés et sa tranquillité (13 000 habitants). Ce qui assure sécurité et discrétion ! En dehors d’un micromusée d’histoire locale, de restaurants, galeries d’art et d’une minuscule capitale (The Valley) se résumant à quelques maisons lovées autour d’une église en coquillages, Anguilla ne compte que des petits hôtels et des villas de luxe installés au bord de 33 longues plages aux eaux turquoise. Quant aux Français, ils y viennent en petit nombre (2 000 en 2006). Ils arrivent généralement par Saint-Martin, avant un transfert en 20 minutes par bateau rapide.
Une sélection par l’argent
Cette crème des touristes est sélectionnée par le budget. Il faut en effet dépenser en moyenne 600 dollars par nuit (et jusqu’à 10 000 pour les villas les plus cossues) pour y séjourner. Du coup, la clientèle française est drainée par les rares TO haut de gamme qui programment l’île (Emotions de Kuoni, Secrets de Jet tours, Austral Lagons, Collections du Monde…).
Depuis 20 ans, les quelques hôtels et villas de luxe (600 chambres) se concentrent dans la catégorie 4/5n. Près du seul golf 18 trous de l’île (ouvert en novembre 2006), l’un des fleurons de cette hôtellerie exclusive est le Saint-Régis. Ses grands murs protègent les vedettes, qui se réfugient notamment dans une de ses trois villas à la décoration épurée, imaginées par les architectes californiens les plus en vogue, et servies par plus de 40 employés à demeure. Ce qui n’empêche pas le Saint-Régis de construire une extension de 80 chambres. Dans la même veine, fréquentées des stars hollywoodiennes, il faut mentionner les villas Altamer à la décoration plus exubérante, l’architecture surprenante du Covecastles, ou encore les villas Sheriton.
Toujours dans le luxe, il existe toutefois des hôtels aux tarifs plus abordables. L’un des plus charmant, le Cap Juluca (72 chambres, six villas) est aussi le plus ancien d’Anguilla. Son nouveau propriétaire américain, Gencom, prévoit d’importants investissements. Quant à Cuisinart (93 chambres), il offre la particularité de combiner séjour et gastronomie, s’appuyant sur des chefs français vedettes (dont Bocuse) et la dégustation de grands vins.
En 2008, ce paradis pour mariages et lunes de miel s’enrichira d’un nouvel établissement, le Viceroy, du groupe américain Kor. Ce dernier assure que les 175 chambres ne dénatureront pas le caractère préservé et privilégié d’Anguilla.