Air France-KLM se prépare à réduire la voilure
Cet été, le groupe aérien enregistre un bon niveau de réservation, mais des inquiétudes pèsent sur la période hivernale. Le niveau des surcharges carburant commence à modifier la demande.
Par rapport aux compagnies américaines qui n’hésitent pas à alléger leurs plans de vols de 10 % ou plus, Air France-KLM résiste bien. Le groupe aérien a renforcé son programme d’été, ce qui lui réussit. Sur le long-courrier, nous sommes en progression de 10 %, explique Christian Boireau, DG en charge du commercial France. Sur le court et moyen-courrier Europe et Afrique du Nord la hausse atteint 2 à 4 %. Enfin, sur les vols domestiques, elle va de 0 et 2 %. Mais, compte tenu du dollar faible, qui commence à dissuader les Américains de venir en Europe, de la flambée du baril de pétrole et des incertitudes concernant l’économie mondiale, la saison d’hiver s’annonce plus incertaine. Chaque fois que nous relevons nos surcharges, nous sommes inquiets de l’impact sur le trafic. Ce sont les passagers de la classe économique qui se montrent les plus sensibles à ces augmentations, précise Chris- tian Boireau. Mais les entreprises pourraient être tentées, à leur tour, de prendre certaines mesures d’économie concernant les voyages de leurs salariés en classe affaires. Air France va donc rationaliser son réseau. Nous ne mettrons pas en place cet hiver toute l’offre que nous avions prévue. Ce programme moins ambitieux sera dévoilé en septembre. Il est ainsi question de suspendre certains vols en long-courriers lors des périodes creuses, en novembre notamment. Les compagnies américaines sont en situation de survie. Nous allons vivre le même choc en Europe avec un décalage. Nous étudions les décisions qui nous permettront d’être vivants dans deux ans. A cette date, Air France ne devrait plus bénéficier de l’effet amortisseur de ces couvertures carburant, qui répondent actuellement à 75 % à 80 % de ses besoins.
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