Air Antilles est placée en redressement judiciaire
La compagnie Air Antilles avait déposé le bilan le 16 janvier 2026. Le tribunal de Pointe-à-Pitre l’a placée en redressement judiciaire, lui accordant une période d’observation de six mois.
Le tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre a placé lundi la compagnie aérienne Air Antilles en redressement judiciaire assorti d’une période d’observation de six mois, en raison d’une « trésorerie particulièrement dégradée », selon le jugement consulté par l’AFP.
La juridiction a fixé provisoirement la date de cessation des paiements au 9 décembre 2025 pour la société, dont les avions sont cloués au sol depuis cette période sur décision de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC).
Le tribunal a estimé que l’entreprise se trouvait « hors d’état de faire face à un passif exigible avec son actif disponible » et connaît une « situation de trésorerie particulièrement dégradée ». Cette situation est « de nature à compromettre le règlement des salaires du mois de décembre 2025 », précise le jugement.
Perspective de redressement
Les juges ont toutefois considéré qu' »en dépit des difficultés évoquées, une perspective de redressement existe ». La compagnie, détenue majoritairement par la collectivité de Saint-Martin, avait effectué sa déclaration de cessation des paiements le 16 janvier.
Louis Mussington, le président de cette collectivité s’est dit « satisfait » de ce délai accordé afin de « trouver des investisseurs » : « il y a des bonnes pistes que nous allons continuer d’explorer ». Il en appelle à la mobilisation des îles françaises des Antilles.
« Le gros du contingent est en Guadeloupe, je pense qu’ils ont l’obligation morale d’accompagner la collectivité de Saint-Martin », développe-t-il auprès du journal local Le Pélican. Qu’Air Antilles reprenne les vols est une « urgente nécessité », plaide-t-il.
Défaillances de sécurité
Le tribunal a désigné la SELARL AJAssociés en qualité d’administrateur judiciaire pour « assister le débiteur dans tous les actes concernant la gestion », et la SCP BR Associés comme mandataire judiciaire.
Depuis le 8 décembre, les avions de la compagnie sont cloués au sol par le gendarme de la sécurité aérienne, qui a pointé des « défaillances très significatives » en matière de sécurité, ce qui avait été contesté par Air Antilles. La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) avait déclaré à l’AFP en décembre que la compagnie n’était « plus en mesure d’assurer la sécurité de ses passagers et de ses personnels ».
La compagnie ne dessert que les îles françaises des Antilles (Saint-Barthélémy, Saint-Martin, Guadeloupe et Martinique). En 2025, elle a transporté plus de 121.000 passagers et réalisé un chiffre d’affaires de quelque 18 millions d’euros.
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