La compagnie aérienne Air Antilles dépose le bilan
« La caisse est vide », a annoncé Louis Mussington aux employés d’Air Antilles ce lundi. La compagnie a déposé une demande de redressement judiciaire, qu’il appartient désormais au tribunal d’accepter ou non.
Comme nous l’évoquions hier dans un article consacré à ses difficultés, Air Antilles joue son avenir au tribunal. « Malgré l’ensemble des démarches entreprises et les efforts considérables déployés par les équipes, la situation financière de la société ne lui permet plus de faire face à ses engagements », écrit Louis Mussington, qui, en sa qualité de président du Conseil d’administration d’Air Antilles, a annoncé à ses employés avoir déclaré la cessation de paiements de l’entreprise.
« La caisse est vide »
La compagnie régionale a ainsi déposé le bilan et demandé son redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. « Il appartiendra au tribunal de nous accorder la possibilité de redresser la compagnie, ou de se prononcer sur une liquidation », a assuré Louis Mussington à l’AFP, concédant : « La caisse est vide ». « Nous n’avons pas les moyens de faire face à nos charges. »
Le 8 décembre 2025, en pleine saison haute, le Certificat de Transporteur Aérien (CTA) de la compagnie était suspendu à la suite d’un audit pointant des manquements en matière de sécurité. Le lendemain, Air Antilles perdait sa Licence de Transport Aérien, l’empêchant de faire voler le moindre appareil. Privée brutalement de ses revenus, la compagnie n’a pas été en mesure de poursuivre les discussions engagées avec les investisseurs, et a vu depuis sa trésorerie s’amenuiser.
Humanité et responsabilité
Le directeur d’Air Antilles, Amine Tadjadit, avait prévenu que « sans projet », la compagnie serait tenue de déposer « une cessation de paiements et voir si, après, c’est un redressement judiciaire ou autre chose ». Mais la direction de la compagnie continuait d’y croire, et mettait en avant le soutien de ses clients et la mobilisation de ses 138 salariés. « La Collectivité de Saint-Martin, actionnaire majoritaire, continue de soutenir la stratégie de reconstruction et de développement de la compagnie », indiquait le dernier communiqué de presse, envoyé par la compagnie le 8 décembre dernier. « La décision administrative (…) ne remet nullement en cause le développement d’Air Antilles, ni les investissements engagés pour renforcer la continuité territoriale ».
Le tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre, où le dossier a été déposé, n’a pas encore communiqué de date d’audience pour examiner la demande. Dans le courrier adressé aux salariés, Louis Mussington promet qu’avec les actionnaires et les équipes de direction, il restera pleinement mobilisé, et accompagnera cette procédure avec « humanité » et « responsabilité », veillant à préserver les intérêts de chaque salarié.
A lire aussi :
- Accident de trains en Espagne : le trafic interrompu au moins jusqu’au 2 février
- Le groupe Nautil vise 75 millions d’euros de chiffre d’affaires en…
- Entreprises : 70 000 défaillances en 2025, notamment dans le voyage
- Au pied du mur, Air Antilles joue son avenir au tribunal
- Kombo s’offre KelBillet et entend renforcer son offre en Europe