En 2025, Parfums du Monde a retrouvé « ses ratios financiers » d’avant la pandémie
Spécialiste des groupes, Parfums du Monde a désormais retrouvé toute son amplitude financière, nous explique Valentine Jean-Richard, la directrice générale du voyagiste.
Parfums du Monde vient d’ouvrir de nouveaux bureaux en plein cœur de Paris. Pourquoi ?
Valentine Jean-Richard : Nous sommes historiquement basés à Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne), tout près de Paris. Mais, depuis la crise sanitaire, nous disposions d’un espace de co-working à Paris, qui était très utilisé par nos collaborateurs. Nous avons recruté 4 personnes en 2025. Nous sommes désormais 24 à travailler chez Parfums du Monde. L’assise financière de l’entreprise étant bonne, nous avons décidé de faire l’acquisition de ces bureaux dans Paris.
Ils viennent remplacer le siège de Marne-la-Vallée ?
Valentine Jean-Richard : Notre bureau de Marne-la-Vallée est toujours ouvert, notamment pour nos collaborateurs qui habitent dans les alentours. Nous favorisons également la pratique du télétravail. Mais notre bureau historique n’a plus vocation à être développé. C’est très bien pour nous : la vie du tourisme est plutôt à Paris qu’à Marne-la-Vallée.

Vous avez évoqué la bonne santé financière de votre entreprise. 2025 s’est bien passée ?
Valentine Jean-Richard : À l’issue de l’exercice 2024/2025, qui a pris fin le 30 septembre, nous avons enregistré un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros. C’est une très bonne année, puisque nous avons retrouvé nos ratios financiers de l’avant crise sanitaire. Mais avec moins de clients (17 000). La reprise des voyages en groupes a été plus lente que pour les individuels.
Quels sont les produits qui ont le mieux fonctionné ?
Valentine Jean-Richard : La Thaïlande demeure notre destination la plus vendue, et ce, depuis plusieurs années. Elle est suivie par l’Italie, qui est toujours un succès pour Parfums du Monde. La troisième place évolue ensuite, chaque année, en fonction des tendances. L’année dernière, le Japon est sorti du lot. Nous avons aussi très bien travaillé sur le Canada, les États-Unis, la Norvège, le Maroc…
Nous voulons toujours gagner des parts de marché, mais il ne faut pas se précipiter.
La Thaïlande, votre destination la plus importante, recule sur le marché français. Vous l’observez chez Parfums du Monde ?
Valentine Jean-Richard : Elle reste notre destination N°1, car nous y réalisons des volumes importants depuis toujours. Mais, sur ces deux dernières années, on constate que la destination recule. Il y a, selon moi, plusieurs pistes d’explication. La Thaïlande, c’est le premier prix, en long-courrier, pour les voyages en groupes. La destination est très fréquentée, il y a peut-être un phénomène de lassitude.
Cette baisse concerne notamment le B2B. Comment y répondez-vous ?
Valentine Jean-Richard : Le marché relie facilement la Thaïlande à une destination accessible, presque low cost. Nous avons donc décidé d’étoffer nos voyages d’expériences différenciantes, ce qui implique, mécaniquement, qu’ils seront vendus plus chers. J’espère que le marché est prêt à dépenser plus, en Thaïlande, pour sortir des produits les plus classiques. C’est le pari que nous faisons pour que ces parts de marché ne nous échappent pas.
Quels sont vos objectifs pour 2026 ?
Valentine Jean-Richard : Nous voulons d’abord consolider nos acquis. Notamment en défendant nos positions sur nos axes majeurs. Nous venons par exemple de parler de la Thaïlande. Nous voulons aussi continuer de nous structurer en interne. Avoir de bons chiffres, c’est la base qui permet de voir plus loin. Et même si nous voulons toujours gagner des parts de marché, il ne faut pas se précipiter.
Sur quels produits misez-vous ?
Valentine Jean-Richard : Nous allons mettre l’accent sur une gamme de voyage baptisée « Elixir », qui est une proposition de voyages de récompenses clé en main. C’est un format idéal pour récompenser ses équipes : un voyage en petit groupe ponctué d’expériences singulières. On sent qu’il y a un marché qui émerge depuis quelques années. Peut-être qu’avec l’avènement du télétravail – même si certaines entreprises semblent faire machine arrière – les organisations ont davantage besoin de créer du lien, de fédérer leurs équipes. Et nous avons toujours notre marque dédiée aux voyages bien-être, Namasté. Nous proposons des voyages en groupes resserrés encadrés par des coachs en développement sportif, des profs de yoga, des entraîneurs… dans une vingtaine de destinations.
