Vacances au ski : un bon mois de janvier, mais février reste incertain
La saison de ski a bien démarré avec un mois de janvier prometteur qui s’inscrit dans la continuité des vacances de Noël. Toutefois, les mois de février et de mars présentent toujours quelques incertitudes, d’après des experts de la montagne dans les Alpes.
En ce mois de janvier 2026, le Club Med de Valmorel affiche complet. Sur les pistes comme au restaurant, les clients parlent davantage brésilien que français. Et pour cause, nous sommes actuellement au cœur des grandes vacances d’été austral des Brésiliens. Les familles originaires de ce marché clé de la marque au trident sont plus nombreuses dans le resort que celles provenant de l’Hexagone.
En France, la saison de ski 2025/26 s’annonce prometteuse, comme l’ont rappelé hier différents acteurs de la montagne lors de la conférence net Managers à Valmorel.
« Il y a du monde partout dans les Alpes »
« Il y a du monde partout dans les Alpes, indique Jean-Charles Périno, directeur marketing de la Compagnie des Alpes, qui coiffe 11 domaines skiables. Nous sommes plutôt contents du début de saison 2025/26, après deux saisons déjà en progression. »

Mais Jean-Charles Périno refuse de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. « Il faut attendre la semaine 19. Il peut toujours se produire une inversion de tendance en fin de saison. »
Christian Douchement, responsable d’Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme se montre lui aussi prudent. « Les calendriers sont très déterminants pour nous », rappelle-t-il en préambule.
Le mois de février, « fragile » et « cher » pour les Français
Cette année, les mois de mars et d’avril comprennent des semaines de vacances européennes, ce qui est porteur. « Mais à l’inverse, sur février, nous sommes plutôt en souffrance sur le marché français, soit les premières et dernières semaines », ajoute-t-il. Ce mois amène à des « points de vigilance sur le marché français », parce qu’il s’avère « fragile » et « cher », ce qui explique aussi « la bascule sur janvier ».
À la Compagnie des Alpes, le mois de janvier représente désormais 28% du chiffre d’affaires de la saison, soit une progression de 10 points en l’espace de 5 ans. Inversement, le mois de mars a perdu 10 points pour tomber à environ 17%. Les opérations de marketing tentent de réveiller mars, un mois affaibli par la crainte du manque d’enneigement.
Christian Douchement dresse lui aussi un bilan très positif du début de saison, avec des réservations précoces : près de 25% de l’activité est déjà réservée à fin septembre. L’hiver est marqué par une ouverture précoce des stations et une période de Noël aux taux de remplissage très élevés dans les hébergements marchands collectifs. Les locations saisonnières ont permis d’ajouter de la capacité, ajoute-t-il en disant par conséquent « merci » à Airbnb.
Un enjeu autour des jeunes skieurs
Quid du segment du ski à plus long terme ? Pour Laurent Cormier, il faudra à l’avenir stimuler la demande, notamment parmi les nouvelles générations. D’après lui, un récent baromètre* relève toutefois que « les jeunes ont une vraie envie de venir glisser en montagne ».

Les moins de 18 ans représentent ainsi 11% de la population mais 19% des skieurs. Les 18-25 ans sont également sur-représentés. Mais il existe bel et bien « un enjeu du renouvellement générationnel des skieurs », poursuit Laurent Cormier. « Nous constatons sur nos principaux marchés émetteurs un vieillissement de la population des skieurs : il nous appartient de travailler pour séduire à nouveau les jeunes. Nous sommes une région très jeune, or les enfants d’Albertville ou de Grenoble ne sont pas forcément des skieurs. Toutes nos études le montrent : quand les parents ne skient pas, 90% de leurs enfants non plus, y compris ceux qui habitent dans la vallée. C’est un vrai sujet sur lequel nous travaillons (…), il faut qu’on révèle des produits accessibles pour eux. »
La montagne face au dérèglement climatique
Toujours selon ce baromètre, un Français sur sept fait du ski tous les ans. Les principaux freins sont le prix (50%), la trop forte affluence (33%), le manque de neige (33%). Dans les Alpes, les Français représentent les deux tiers des skieurs.
L’un des enjeux actuels concerne le dérèglement climatique, pour l’ensemble des massifs européens. Les skieurs plébiscitent par conséquent les stations de haute montagne, pour leur forme de garantie neige. Face à cette affluence, une station de ski italienne imposera cet hiver un quota de skieurs, une première en Europe. La région Auvergne pourrait-elle l’envisager ? « Aujourd’hui, nous n’avons pas de logique de quota », a répondu Laurent Cormier à L’Écho touristique.
*baromètre Atout France / Harris Interactive / Toluna (novembre 2025)
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