Comment Finnair entend miser sur l’été nordique
La compagnie nationale finlandaise musclera fortement son réseau européen l’été prochain, et réfléchit à se développer dans les régions françaises. Le but : désaisonnaliser le tourisme nordique, extrêmement centré sur l’hiver.
« La Finlande est une destination qui s’annualise, et nous en sommes ravis », assure Geoffrey Carrage, à la tête depuis 2025 de Finnair sur le marché français. Alors que la Laponie fait face à une forte pression touristique en hiver, la compagnie aérienne finlandaise accélérera en 2026 sa stratégie de désaisonnalisation de la Finlande. Seul opérateur à se rendre en Laponie en été, Finnair veut maintenant capitaliser sur le potentiel de la destination « hors saison » et annonce un renforcement massif de son réseau européen sur l’été à venir.
« On constate dans nos chiffres qu’il y a une vraie appétence des voyageurs français pour la Finlande en été. Et plutôt que le surtourisme, il y a un sujet à désaisonnaliser la destination. Nous travaillons étroitement avec l’office du tourisme de Finlande à développer notre saison d’été : température clémente, soleil de minuit, région des lacs… nous avons une belle diversité à valoriser », décrypte Geoffrey Carrage, qui note déjà une réponse « très positive » du marché français sur le sujet.
Été 2026 : pluie de nouvelles routes européennes
Dans cette stratégie, une cascade de nouvelles routes verront le jour l’été prochain entre des villes européennes et la Finlande : Alta, Catane, Florence, Kos, Valence, Kuressaare, Luxembourg, Stavanger, Thessalonique, Tirana, Turin ou encore Umeå seront désormais reliés au hub d’Helsinki.
« Notre stratégie reste centrée sur le hub, c’est une vraie valeur ajoutée pour nous », précise le dirigeant. « L’idée est d’amener les clients sur Helsinki avec des correspondances courtes et efficaces ».
Cet hiver, Finnair poursuit aussi sa desserte du nord de la Finlande, via son hub mais aussi en direct. Face aux compagnies low-cost qui se livrent une vraie bataille sur la Laponie au départ des aéroports régionaux français, la compagnie opère des vols directs entre Paris et Rovaniemi, ainsi que des liaisons vers Kittilä depuis Bruxelles ou Zurich. Sur la saison hivernale, Finnair monte jusqu’à 72 vols hebdomadaires entre Helsinki et Rovaniemi, avec des augmentations également sur Ivalo et Kuusamo, ainsi que sur Kittilä et Kemi.
Un intérêt pour les régions françaises ?
En France, la liaison Helsinki–Nice est désormais annualisée, tandis que la ligne vers Paris est maintenue toute l’année à raison de quatre vols quotidiens.
Par ailleurs, la compagnie, qui avait par le passé déjà volé à Lyon en Embraer E-190, s’intéresserait pour l’avenir à d’éventuelles ouvertures depuis d’autres villes françaises.
« Les grandes places françaises sont évaluées sérieusement, mais il est encore trop tôt pour communiquer sur des villes précises », indique Geoffrey Carrage. « Nous restons agiles et attentifs aux opportunités », précise-t-il.
Un réseau long-courrier en recomposition
Toujours pénalisée par l’impossibilité de survoler la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine – enjeu majeur pour une compagnie historiquement positionnée sur les liaisons Europe-Asie – Finnair poursuivra en outre la recomposition de son réseau long-courrier en 2026.
« Nous empruntons désormais la route du pôle Nord, ce qui ajoute entre deux et trois heures de vol selon les destinations asiatiques », explique Geoffrey Carrage. « L’impact est réel pour nous, car notre modèle est très lié au hub et aux correspondances vers l’Asie. »
Des vols vers Toronto, Melbourne, Krabi
Dans ce contexte, Finnair diversifie ses marchés. Une nouvelle liaison vers Toronto ouvrira en mai 2026, à raison de trois vols par semaine. Plus tard dans l’année, la compagnie lancera des vols inédits vers Melbourne via Bangkok. En Thaïlande, un vol direct hivernal vers Krabi a également fait son retour dans le programme.
« Pour résumer, l’enjeu pour Finnair est aujourd’hui d’équilibrer son réseau », conclut Geoffrey Carrage. À savoir : entre Europe, Amérique du Nord et Asie, tout en capitalisant sur le potentiel touristique encore sous-exploité de la Finlande en dehors de l’hiver.
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