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Voyages pour enfants : « 16 000 voyages sont menacés »

Aline Laillé, directrice de VEFE Voyages Educatifs et membre de l’Union nationale des organisations de séjours éducatifs, linguistiques et de formation en langue (Unosel), alerte sur la situation désastreuse dans laquelle se trouvent les opérateurs de voyages pour enfants.

L’Echo touristique : Comment faites-vous face aux demandes d’annulation ?

Aline Laillé : Nous sommes dépassés par l’ampleur de la tâche… Annuler des milliers de dossiers en quelques semaines épuise toute notre profession. Nos clients nous demandent de rembourser, sans frais, les sommes versées. C’est impossible, puisque nous avons payé nos fournisseurs et réglé la majeure partie des coûts, comme les transports ou les hôtels. Pour autant, nous faisons de notre mieux pour répondre à nos clients dans les plus brefs délais, et pour trouver différentes solutions comme le report des séjours. Nous réduisons au maximum les frais d’annulation, et nous remboursons intégralement lorsque la situation nous y oblige. Chaque dossier est étudié au cas par cas, et ce, dans un temps record.

L’exercice 2020 est d’ores et déjà plombé ?

Malheureusement, oui, c’est une certitude. Nous annulons des centaines de dossiers par jour… Au total, ce sont 16 000 séjours qui pourraient être annulés pour l’ensemble de la profession du voyage scolaire. Cela représente un chiffre d’affaires de 240 millions d’euros, et des milliers d’emplois sont réellement menacés. Beaucoup de structures ne seront pas là l’année prochaine. Les courriers envoyés au gouvernement par l’Unosel, l’une des fédérations de la profession, sont restés sans réponse. C’est difficile à comprendre : la profession va perdre 80% de notre chiffre d’affaires, et nous sommes ignorés. Les mesures mises en place par M. Bruno Lemaire ne suffisent pas, et nous avons besoin d’une aide de l’Etat en urgence. Tout cela aurait pu être évité avec plus de concertation. Car nous avons déjà su gérer d’autres crises dans le passé.

Quelle est désormais la priorité pour les opérateurs de voyages pour enfants ?

Que la demande portée par les Entreprises Du Voyage aboutisse au plus vite, à savoir : l’adoption, comme cela a été fait en Italie, « de l’autorisation de remplacer l’obligation de rembourser lorsque le voyage ne peut pas être effectué par l’émission d’un avoir valable pendant une durée d’un an ». L’Unosel demande aussi la mise en place d’une caisse de compensation qui permettrait de sauvegarder les entreprises du secteur tout en garantissant le remboursement aux familles ayant déjà versé la participation pour les séjours de leurs enfants. Et ce, en finançant 35% des coûts des séjours annulés. Enfin, et de manière immédiate, le chômage partiel devrait être indemnisé à hauteur de 2 fois le smic pour limiter l’impact sur nos collaborateurs et nos entreprises. Il faut que le gouvernement se positionne rapidement pour que nous puissions nous organiser et rassurer les parents, à l’approche des vacances de printemps.

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