Voyages de groupe : l’essor du tourisme durable bute sur des obstacles organisationnels
Une enquête réalisée par Agir pour un tourisme responsable (ATR) montre que les spécialistes des groupes, intéressés par le tourisme durable, se heurtent à des freins opérationnels.
Menée auprès de 148 structures organisatrices de voyages de groupe (CSE, associations, clubs…), l’étude d’Agir pour un tourisme responsable (ATR) montre que 66% des répondants se déclarent concernés par les enjeux du tourisme responsable et souhaitent faire évoluer leurs pratiques. Mais leurs stratégies demeurent guidées par le pragmatisme… et le budget.
En effet, le budget reste le critère principal à prendre en compte pour 94% des répondants au moment de choisir ses fournisseurs pour organiser un voyage. La découverte (originalité de l’offre ou de la destination), la qualité du séjour ou encore le confort proposé apparaissent avant les engagements environnementaux ou sociaux des prestataires ou leurs éventuels labels et certifications. « Le tourisme responsable ne s’impose pas parce qu’il est “vert”, mais parce qu’il est désirable. Il gagne lorsqu’il offre autant de plaisir, de qualité, d’accessibilité et plus de crédibilité que les alternatives classiques », analyse ATR.
Un blocage opérationnel et non idéologique
Autre enseignement notable : pour la moitié des répondants, l’angle « tourisme responsable » se définit d’abord par ses dimensions humaines et sociales, plus qu’environnementales. La moitié des sondés assurent ainsi intégrer des critères d’inclusion et de proximité dans leurs cahiers des charges. Les critères environnementaux (recours au train, réduction des déchets, gestion des ressources…) arrivent au second plan.
Mais les organisateurs de voyages de groupe ne sont pas hermétiques, bien au contraire. Si le budget est bien cité par 45% des répondants comme frein majeur, 37% pointent le manque d’information et d’accompagnement, et 75% la difficulté à trouver des prestataires engagés. Seuls 11% estiment que les offres responsables sont moins séduisantes que les offres classiques. Pour ATR, le frein est donc « organisationnel » et non « idéologique ».
Un guide pratique bientôt publié par ATR
Pour répondre à ce besoin d’outil, l’association prépare « un guide pratique destiné à ceux souhaitant intégrer la durabilité dans leurs offres de voyage de groupes ». Le document présentera les principaux avantages des offres responsables, « les leviers d’action mobilisables par les structures et les arguments à utiliser pour promouvoir ces choix en interne », poursuit ATR.
Il sera complété par une grille de critères RSE publiée l’automne prochain et conçue comme un outil pour sélectionner des voyages alignés avec des engagements sociaux et environnementaux.
