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Vol Rio-Paris : un procès pour Air France et un non-lieu pour Airbus

Le parquet de Paris demande un procès devant le tribunal correctionnel contre Air France et un non-lieu pour Airbus, à l’issue de l’enquête sur le crash du vol Rio-Paris.

Dix ans après le crash du vol Rio-Paris, qui a fait 228 morts, le parquet de Paris veut juger Air France. Dans un réquisitoire daté du 12 juillet, l’instance considère que la compagnie aérienne « a commis une négligence et une imprudence ». En effet, après plusieurs incidents liés aux sondes qui permettent de contrôler la vitesse de l’appareil, Air France n’a pas délivré à ses pilotes assez d’informations sur la procédure à suivre en cas d’anomalie, selon le parquet.

A l’inverse, il estime qu’il n’existe pas de charges suffisantes à l’encontre d’Airbus pour le renvoyer en correctionnelle. Il appartient désormais aux juges d’instruction de décider s’ils suivent ces réquisitions et décident donc d’ordonner un procès pour la seule compagnie aérienne. Dans cette procédure, qui dure depuis plus de dix ans, les deux entreprises avaient été mises en examen en 2011 pour « homicides involontaires ».

L’accident le plus meurtrier de l’histoire d’Air France

Le 1er juin 2009, le vol AF447 s’était abîmé dans l’océan Atlantique. Les 228 passagers et membres d’équipages, de 34 nationalités, avaient péri dans l’accident, le plus meurtrier de l’histoire de la compagnie française. Point de départ de la catastrophe : le givrage en vol de sondes Pitot, qui a conduit à un dérèglement des mesures de vitesse de l’Airbus A330 et désorienté les pilotes jusqu’au décrochage de l’appareil.

Depuis, l’enquête a donné lieu à une bataille d’experts pour établir les responsabilités dans l’enchaînement ayant mené au crash de l’appareil et les parties civiles poussent pour qu’Airbus et Air France soient jugés tous les deux. Défaillances de l’équipage, problèmes techniques et déficit d’information sont pointés du doigt par les différentes expertises, jugées trop favorables à Airbus par les parties civiles. La dernière contre-expertise, remise en décembre 2017, a de nouveau suscité l’indignation des parties civiles. Les experts y réaffirmaient que la « cause directe » de l’accident « résulte des actions inadaptées en pilotage manuel » de l’équipage et tendaient à dédouaner Airbus.

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