Dans la moiteur étouffante du soir, les effluves entêtantes de l’encens et une lumière de fin du monde, les grondements du tonnerre montent au loin. Ultime répit avant le déluge ? Qu’importe. Autour de l’immense dagoba blanc, foulant les dalles de pierre de la vaste esplanade millénaire qui l’enserre, des grappes de pèlerins tournent et tournent encore. Une ferveur bien vivante qui rappelle que la cité d’Anuradhapura, capitale du Sri Lanka durant treize siècles, demeure plus que jamais l’un des principaux lieux saints du bouddhisme cinghalais. Elle abrite surtout l’arbre Bô, vieux de 2 300 ans et issu d’une bouture du figuier sous lequel Bouddha atteignit l’éveil. Mais un autre site suscite, au Sri Lanka, une plus grande dévotion encore : le temple de la dent de Bouddha, à Kandy. Dans cette ancienne capitale royale élégamment posée à 500 mètres d’altitude, la précieuse relique, ramenée d’Inde en secret, fait chaque année en juillet l’objet d’une grandiose procession. Le triangle culturel se referme enfin à Polonnaruwa qui, il fallait s’en douter, fut également capitale du pays en son temps. Une cité dont les ruines sont aujourd’hui devenues le royaume des singes et des fromagers étrangleurs.
Ne pas manquer : au centre du triangle culturel, l’ascension des rochers de Dambulla (temples troglodytes aux 153 bouddhas) et de Sigiriya (le Macchu Pichu sri-lankais) donnent l’occasion de s’élever, physiquement et/ou spirituellement. Des étapes incontournables.