Tourisme : quels hébergements consomment le plus d’eau, par nuitée ?
À l’occasion des Universités du tourisme durable, Atout France a dévoilé une étude inédite sur la consommation d’eau dans les hébergements touristiques.
Les villages de vacances consomment 235 litres par nuitée, en moyenne. C’est un peu plus que les hébergements locatifs et les résidences de tourisme (220 litres). C’est ce qui ressort de l’étude sur la consommation d’eau selon la typologie d’hébergements, présentée par Atout France lors des Universités du tourisme durable (UTD) le 9 octobre à Angers.
Les villages de vacances, plus gros consommateurs d’eau
Les villages de vacances sont ainsi les plus grands consommateurs d’eau, loin devant les hôtels (170 litres) et les campings (145 litres). Les auberges de jeunesse, les plus sobres, sont à 124 litres.
Cette étude sectorielle d’Atout France, résultant d’un travail d’une année, sera bientôt publiée par France Tourisme Observation. « Nous travaillons toujours à affiner la cartographie », a précisé Clara Kervevan, chargée d’études Stratégie, prospective et veille au sein de l’organisme de promotion.
Les chiffres cachent naturellement des disparités en fonction de la gamme de l’établissement et de ses équipements (golf, piscine, spa…).
Toujours selon Atout France, cette fois tous types d’hébergements confondus, la consommation d’eau s’élève ainsi à 178 litres d’eau par nuitée.
Selon une étude de la Direction générale des entreprises (DGE), l’ensemble des activités touristiques françaises représentent 335 millions de m³ de prélèvement en eau chaque année. Et c’est l’hébergement qui constitue le premier préleveur (59%). Suivent la restauration (27%), la production de neige (9%), le secteur du golf (3%).
Les agences de l’eau subventionnent des projets
Toujours selon la DGE, la consommation d’eau quotidienne d’un Français en vacances atteint 230 litres, hébergements et autres prestations incluses. Soit 1,5 fois plus qu’un Français dans sa vie quotidienne (148 litres).
Naturellement, le dérèglement climatique a un impact sur le cycle de l’eau avec des phénomènes de pluies torrentielles, d’inondations et de grandes sécheresses. Les professionnels du tourisme s’interrogent et explorent des pistes afin de réduire leur empreinte eau.
« Le déficit hydrique n’est pas uniquement sur le littoral, mais la pression touristique estivale peut accentuer les déséquilibres », a commenté Morgan Priol, directrice de l’Agence de l’eau Loire Bretagne. C’était lors d’une table ronde des UTD sur les pistes de réduction de consommation de l’eau.
L’établissement public dispose d’un budget annuel de deux milliards d’euros de subventions, pour tous les secteurs d’activité. Ses aides sont souvent fléchées vers des programmes publics, qui visent par exemple l’assainissement de l’eau, mais pas seulement. Les acteurs du tourisme peuvent déposer une demande de subvention sur le site de l’Agence de l’eau dont ils dépendent.
La désalinisation, « une mal-adaptation »
Les six Agences de l’eau sélectionnent les dossiers selon différents critères. Le camping Les Rochelets en Loire-Atlantique a ainsi obtenu une subvention qui a couvert 70% de son projet de recyclage de l’eau pour sa piscine intérieure, au coût total de 55 000 euros. L’établissement économise désormais « l’équivalent d’un à deux mois » de sa consommation annuelle globale d’eau, nous indique son propriétaire Nicolas Charrier. L’expérimentation, menée avec le soutien d’Atout France, est étendue à 30 campings dans la région.
Pour l’Agence de l’eau Loire Bretagne, d’autres projets présentent moins d’intérêt. À titre d’illustration, la désalinisation constitue pour Morgan Priol une « mal-adaptation sauf exception ». Et ce, « pour trois raisons », explique-t-elle : le coût global, la facture énergétique (liée au transport de l’eau), et la difficulté de gestion de la saumure. « On ne va pas financer les projets de désalinisation », a conclu la directrice de l’Agence de l’eau Loire Bretagne.
Cultiver la sobriété hydrique
La sécheresse de 2022 a accéléré la réflexion sur le sujet de l’eau, dans tous les domaines. La France s’est engagée dans un plan de sobriété hydrique. Objectif : 10% d’économie d’eau à l’horizon 2030.
Comme pour les émissions de gaz à effet de serre, la sobriété représente ainsi un levier important pour les acteurs du tourisme, ce qui passe par la mesure, la détection de fuites avec des compteurs connectés, la pédagogie auprès des vacanciers. Certains territoires comme les îles du Ponant ont offert des kits hydro-économes aux habitants et aux propriétaires de résidences secondaires, avec l’accompagnement financier de l’Agence de l’eau. Quelques communes françaises ont même interdit toute nouvelle construction de piscines pour les particuliers.
Le vacancier n’est pas forcément enclin à l’idée de se serrer la ceinture, sauf si l’on prend le temps de lui expliquer, par exemple, une situation territoriale de stress hydrique avec des conflits d’usage. La gamification peut aussi devenir une piste intéressante, comme le propose la start-up Luniwave, afin d’inciter aux écogestes.

Prochaines UTD à Aix-en-Provence
La prochaine édition des Universités du tourisme durable (UTD) se déroulera les 26 et 27 novembre 2026 à Aix-en-Provence. L’édition 2025 se poursuit aujourd’hui à Angers (Maine-et-Loire), pour sa deuxième journée, avec un programme de découverte de l’Anjou. Organisé par les Acteurs du tourisme durable (ATD), l’événement rassemble 600 participants, avec pour la première fois une animation très réussie de 20 étudiants du réseau INNTO France, de cinq écoles différentes.
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