Pour Olivier Fillinger, l’intelligence artificielle générative représente « un assistant beaucoup plus accessible qu’un expert-comptable, qu’un responsable RH ou même qu’un tour-opérateur ». Et d’ajouter, « il est toujours disponible ».
Des formations pour tout le personnel
Dès l’arrivée de ChatGPT fin 2022, l’ancien moniteur de VTT, aujourd’hui à la tête d’une agence de voyages spécialisée sur le sur-mesure, organise les premières formations pour son équipe. « Je ne voulais pas être seul à m’y intéresser. J’ai donc mis mon personnel dans la boucle pour optimiser le fonctionnement de l’entreprise », explique-t-il.
Olivier Fillinger © David Savary
Après une première session de « désacralisation » de l’IA, il a fait appel à un expert pour proposer des formations ciblées selon les profils, administratif, commercial, web design… Chacun a pu ainsi adapter l’usage de l’IA à ses besoins quotidiens, explique-t-il.
Les résultats ne se font pas attendre : automatisation des comptes rendus de réunions, gains de temps sur la création graphique dans des carnets de voyage, assistance à la préparation des budgets prévisionnels… Autant de tâches désormais allégées et mieux réalisées, estime le dirigeant.
« L’IA ne fait pas qu’économiser du temps, elle professionnalise le travail. Des comptes rendus qui n’étaient jamais faits auparavant le sont désormais en quelques secondes », indique Olivier Fillinger.
« J’ai besoin de refaire un cycle de formation »
Le dirigeant insiste aussi sur l’évolution rapide de ces outils. « L’IA avance de manière exponentielle. Aujourd’hui, j’ai besoin de refaire un cycle de formation pour suivre les nouvelles fonctionnalités et identifier les outils les plus adaptés à nos besoins. »
Pour lui, l’intelligence artificielle ne se limite pas à ChatGPT. « Il existe des outils pour tout, même spécifiques à l’industrie du voyage, comme les chatbots ou les aides à la création de produits touristiques ». Démonstration a d’ailleurs été faite lors de la récente convention des Entreprises du Voyage Grand Est.
Grâce à l’intelligence artificielle, "les agences peuvent proposer des voyages parfaitement adaptés à la personnalité de leurs clients », s'enthousiasme le dirigeant d’Honua Voyages. « L’IA ne va pas enterrer l’agent de voyages. C’est un atout pour nous. Il ne faut pas avoir peur de perdre des clients, mais se dire qu’on va en gagner grâce à l’IA », ajoute-t-il.
Le dirigeant retient de la convention des EdV Grand Est l’importance de la pédagogie. « Il faut désacraliser l’IA. Beaucoup ont encore peur, mais il faut l’apprivoiser pas à pas ». Et de conclure : « il faut continuer à former, à réunir les agents de voyages, à échanger, pour leur montrer que ce n’est pas effrayant et que tout le monde peut y arriver ».