La préhistoire a laissé moult empreintes dans la région. Ici, un amas de pierre monumental, comme un tumulus en l’honneur d’un noble défunt. Là, une fresque où se détachent des chasseurs, arcs aux poings. Tout autour, le vent a sculpté des rochers cuivrés, posés sur le sable safran. Une théière ? Un crocodile ? Un profil de femme aux cheveux longs ? Un bouddha ? A chacun sa lecture des aiguilles ruiniformes et autres monolithes coiffant l’horizon. Un éléphant minéral d’une vingtaine de mètres allonge le pas. Sa trompe se détache dans le ciel d’un bleu soutenu. C’est l’Etretat local, l’arche de Tikoubaouine. L’imagination vagabonde, comme le visiteur devenu muet devant tant d’oeuvres. Les paroles de l’homme des sables Théodore Monod (le chercheur d’absolu) nous rattrapent : Je retrouve la leçon du désert, son épure, son chant du silence. Dommage, il faut déjà repartir. Après le déjeuner, nous cheminons dans des canyons appréciés des bergers. Des mouflons et des vipères, nous ne verrons que les empreintes. Puis d’oued en oued, nous gagnons un nouveau bivouac de rêve. Le vent s’est levé en même temps que Vénus, l’étoile du Berger. Son souffle est tel que des vagues semblent déferler, au loin. Le feu n’en est que plus précieux. Les braises projettent sur nos yeux leur chaleur brûlante. La théière crachote, sous une lune lumineuse comme une torche. Tout le monde prend finalement refuge sous sa tente pour la nuit. Sauf les Touaregs, qui nous saluent d’un Artoufat (bonne nuit).
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