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Rentabilité : une belle résistance

Croissance et gestion plus rigoureuse aidant, la rentabilité du secteur s’est améliorée en 2005.

Pour la deuxième fois seulement depuis 2000, le résultat net global de l’ensemble des voyagistes de notre palmarès est positif. Pas de quoi pavoiser cependant, ce bénéfice atteint tout juste 39 ME, qui sont à rapporter aux 9,7 milliards d’Ede chiffre d’affaires global des 210 tour-opérateurs recensés, soit une rentabilité médiocre de 0,3 %. Mais c’est mieux qu’en 2004 (1,5 ME) et à nuancer si l’on écarte les pertes (exceptionnelles) de Nouvelles Frontières (40 ME), qui faussent un peu la tendance générale.

Au global, seulement 24 entreprises de notre classement ont soldé leur exercice avec des pertes l’année dernière, un chiffre à peu près équivalent à 2004 mais bien moindre qu’en 2003. Par ailleurs, 46 voyagistes ont affiché une rentabilité supérieure à 2 %, 17 supérieure à 3 % ; et 5 dépassent les 4 %, ce qui s’apparente, pour le secteur, à un tour de force. Une année un peu plus apaisée et surtout, pour la plupart des entreprises, une gestion au cordeau, expliquent cette bonne résistance.

Parmi les champions de la rentabilité, on trouve les habituels palmés, à commencer par Capitales Tours (6,3 % !), spécialiste des groupes et comités d’entreprise, ou les lyonnais Voyamar (6 %) et Aventuria (3,6 %), lequel a été racheté l’an dernier par First Choice. Le groupe britannique ne s’y est trompé, déjà propriétaire de Marmara et Tourinter, et faisant de la bonne santé financière de ses nouvelles recrues le principal critère de choix.

Marmara justement, s’est encore distingué en 2005, en engrangeant les plus importants bénéfices nets (14,2 ME), un record pour le groupe d’Hervé Vighier. Il affiche du coup un excellent ratio de rentabilité de 3,14 %. Tout aussi remarquables, les 10 ME de bénéfices nets de Go Voyages. Le TO en fait profiter ses salariés, leur redistribuant chaque année une partie importante de ses gains sous forme d’intéressement.

Des niches qui font mouche

On notera aussi la vitalité de petits spécialistes nichés sur des destinations ou produits porteurs en 2005, comme Gamma Travel (Tunisie), Chemins de Sable (filiale de Point Afrique, centrée sur la randonnée et l’aventure), Back Roads (aidé par la performance des Etats-Unis), Bemextours (Croatie), Terres de Charme (qui a repris la marque Iles du Monde), Vie Sauvage (safaris en Afrique), Athaeneum, Plein Cap, CIC (Queen Mary 2) ou Ikhar (grands voyages culturels). La preuve qu’une spécialisation bien pensée peut faire mouche sur des niches en vogue (aventure, bien-être, luxe, croisière…), quand la concurrence que se livrent les généralistes est acharnée et peu rémunératrice.

Peu de catastrophes toutefois du côté des grands TO, à l’exception de Nouvelles Frontières et Marsans. Look Voyages a remonté la pente, comme le Club Med, même si ce dernier n’est pas encore tiré d’affaires. Enfin, Boomerang, avec 1,5 MEde pertes (et un ratio négatif de 12 %) est lanterne rouge. Le TO, qui accumulait les déficits depuis plusieurs exercices, a été racheté par Directours au groupe Lastminute il y a quelques mois.

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