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Retrouvez l'actualité du Tourisme pour les professionnels du secteur tourisme avec l'Echo Touristique : agences de voyages, GDS, prestataires spécialisés, voyagistes

Quels débouchés pour les diplômés du tourisme ?

La profusion de formations supérieures de haut niveau spécialisées dans le tourisme donne aux étudiants un aperçu trompeur du marché de l’emploi dans ce secteur. S’il existe bien des offres pour les cadres, celles-ci sont souvent très ciblées.

Chaque année, 660 jeunes diplômés se présentent sur le marché du travail avec un master tourisme en poche. C’est le chiffre recensé par Jean-Jacques Descamps dans son rapport remis le 20 février à Luc Chatel, ancien secrétaire d’Etat au Tourisme. Toutefois, un grand nombre d’entre eux peinent à trouver un emploi adapté à leur formation, alors que parallèlement, certaines entreprises se plaignent du manque de candidats qualifiés et expérimentés de niveau Bac+2.

La profusion des formations et l’inadéquation d’un grand nombre d’entre elles avec le marché du travail est pointée du doigt. En 2006, on recensait 65 masters (niveau Bac+5) spécialisés dans le tourisme, et dix autres plus spécifiques à l’hôtellerie, alors que le nombre d’emplois réservés aux diplômés Bac+5 se limite à 400 dans la distribution et 70 dans la production touristique, selon une estimation de Jean-Maurice Thurot, ex-directeur de l’Ecole supérieure de commerce et d’administration des entreprises (Escaet). De plus, un grand nombre de ces postes sont décrochés par des étudiants d’écoles de commerce, ce qui laisse peu de place aux détenteurs d’un diplôme de tourisme.

Les masters tourisme ne sont pour autant pas inutiles. L’industrialisation du tourisme, le développement des nouvelles technologies et la montée en puissance des collectivités territoriales ont donné naissance à des métiers qui n’existaient pas il y a dix ans et qui nécessitent des compétences spécifiques.

Les yield managers ont la cote

Le métier le plus recherché par les recruteurs aujourd’hui, est celui de yield manager. Cette fonction, qui consiste par exemple à faire fluctuer les prix de vente des sièges d’un avion ou d’un train, des chambres d’un hôtel ou des cabines d’un paquebot en fonction du remplissage et des canaux de distribution, fait l’objet de plusieurs masters spécifiques. L’Escaet d’Aix-en-Provence programme ainsi un MBA Travel management en trois ans, de niveau Bac+5, avec cinq spécialités au choix (loisir, affaires, transport, hôtellerie, nouvelles technologies). Nous réservons une place importante à l’enseignement du revenu management, qui regroupe les techniques de yield management appliquées à tous les champs de l’entreprise : les prix, les achats, les ressources humaines, explique Marie Poulain, directrice de l’école. Ses étudiants se forment aux GDS à raison de trois heures par semaine pour la spécialité loisir et six heures pour la section affaires. Pour devenir yield manager, il faut avoir des connaissances en marketing, finance et maîtriser des outils techniques. Dans notre école, ce sont des professionnels d’Amadeus qui donnent ces cours, précise Frédéric Dimanche, directeur du Master of Science in strategic tourism and management, de l’ESC Ceram Sophia Antipolis, à Nice. Deux diplômés de la promotion 2007 sont déjà yield managers, l’un au Club Méditerranée, l’autre dans un hôtel à Budapest.

Bien maîtriser les nouvelles technologies

Les jeunes diplômés maîtrisant les nouvelles technologies du tourisme ont en général un avenir assuré. Ceux issus de la spécialité Nouvelles technologies de l’Escaet entrent notamment chez les fournisseurs de solutions informatiques, les agences en lignes et les éditeurs de logiciels informatiques développant des outils de réservation en ligne (Self Booking Tools).

Les étudiants ayant la fibre technique et des compétences en gestion de projet peuvent faire carrière dans le voyage d’affaires. L’option Corporate de l’Escaet forme des cadres susceptibles de travailler chez des distributeurs spécialisés comme Carlson Wagonlit Travel, ou American Express Voyages d’Affaires (AEVA). Certains de ces diplômés trouvent même des postes d’acheteur junior au sein d’entreprises comme Accenture ou Nestlé, dotées d’une politique voyages ! Toutefois, les besoins en recrutement des Travel Manager Company (TMC) ne doivent pas être surestimés (voir notre Avis de l’expert, page suivante).

Le tourisme d’affaires, qui comprend l’organisation de séminaires, salons, congrès et événements est un autre secteur fort demandeur de cadres. Plusieurs établissements proposent des masters spécialisés dans ce domaine : l’Ecole de tourisme et d’hôtellerie d’Angers (Esthua) avec le magistère de Tourisme, option management du tourisme d’affaires, congrès, salons et événements ; l’ESC La Rochelle avec le 3e cycle Management des projets événementiels ; ou encore l’Université de Marne-la-Vallée avec le master Ingénierie et management des services, option tourisme d’affaires. Cette dernière formation peut être suivie en contrat d’apprentissage, ce qui facilite l’insertion sur le marché du travail. Le Ceram offre également une option Tourisme d’affaires.

Du master fourre-tout à l’hyperspécialisation

Les étudiants rêvant de voyages et de découvertes culturelles iront vers les masters spécialisés dans la production touristique et le marketing. Mais le nombre de postes de chefs de produits au sein des tour-opérateurs est limité. Des emplois dans les collectivités territoriales ou d’autres entreprises associées au tourisme peuvent les attirer.

L’ESC La Rochelle propose ainsi un 3e cycle Management des produits touristiques en partenariat avec l’Esthua d’Angers. L’Ecole nationale supérieure des études touristiques (Enset, à Quimper, qui dépend de l’Université de Bretagne Occidentale), programme pour sa part un diplôme universitaire (DU) Conception et développement de produits touristiques, de niveau Bac+4. Des TO comme Déserts, Atalante ou Voyageurs du Monde, spécialisés dans la production à la carte, embauchent nos étudiants, déclare Hervé Chauvel, responsable de la formation. Mais nous les plaçons également dans la culture et l’environnement. Dans l’année qui suit leur diplôme, seuls 2,5 % de ses étudiants ont un CDI dans le tourisme, mais ils sont 92 % à occuper un emploi de qualité trois ans après la fin des études, notamment dans le secteur institutionnel. Avec le développement de l’intercommunalité, les collectivités territoriales recrutent beaucoup, constate Philippe Violier, de l’Esthua.

Contrairement à ces formations généralistes, certains établissements font le pari de la spécialisation à l’extrême. Le master Management international du tourisme de l’ESC Troyes et le master Ingénierie et management des services, à Marne-la-Vallée, proposent une option Tourisme de luxe ou haut de gamme. L’Institut européen de formation au tourisme a ouvert, lui, un master Marketing et management du tourisme, avec une option Développement durable qui a aujourd’hui toute son importance, même si ce ne sera peut-être plus le cas dans dix ans, reconnaît Bernadette Nazé, responsable de la formation.

L’importance du réseau

D’autres formations ciblent plus spécifiquement le marketing et la communication. Dans ces domaines où les postes sont rares, le réseau est un atout essentiel. L’ESC Toulouse, qui propose un master spécialisé Management du tourisme, mise d’abord sur ses accointances avec les professionnels du secteur. Nous avons fondé ce master en partenariat avec l’agence de marketing DDB Le Tourisme afin de mettre en commun nos réseaux, explique Jean-François Verdié, responsable pédagogique. Les cours sont ainsi donnés par de grands dirigeants du secteur, tels que Thierry Baudier (DG de Maison de la France), Georges Colson (président du conseil de surveillance de Fram), Jean-Pierre Mas (président d’Afat Voyages), ou encore Thierry Beaurepère (rédacteur en chef de L’Echo touristique). Les diplômés récents exercent par exemple des fonctions d’assistant chef de produit ou d’acheteurs groupes. Le Celsa, à Paris, propose pour sa part un master Tourismes, cultures et communication, en formation continue. L’école forme des professionnels de la communication multimédia et du web marketing destinés à travailler pour des entreprises, des destinations ou des musées.

Les filières internationales ouvrent plus de perspectives

L’une des meilleures façons d’élargir ses perspectives d’embauche reste cependant de suivre une formation totalement en anglais, sésame pour des postes internationaux. Le Ceram procède ainsi et fait appel à des intervenants étrangers. Il n’y a jamais plus de 20 % d’étudiants français dans notre formation, témoigne Frédéric Dimanche. L’ESC La Rochelle, propose, outre le 3e cycle cité plus haut, un master 2 Programme executive hospitality management, tandis que l’Ecole de management de Normandie dispense un Master of Science tourism en partenariat avec l’université anglaise de Brighton. Ces diplômés trouvent un poste dans l’hôtellerie, les cabinets de conseil et les multinationales du tourisme. Seul inconvénient de ces formations, leur coût. Heureusement l’Esthua s’est accordée avec l’université d’Orlando, ce qui permet d’effectuer un semestre en Floride pour le seul prix des droits universitaires.

La disparité des salaires

Intégrer une entreprise de tourisme au niveau cadre n’est donc pas impossible, loin de là, sachant que quelques écoles très spécialisées suffisent à alimenter le marché. Ainsi, 90 % des étudiants de l’Escaet ont déjà une proposition d’embauche le jour de leur soutenance de mémoire. L’Esthua place 85 % de ses diplômés dans les deux mois, et 80 % de ceux de l’ESC La Rochelle sont embauchés dans les trois mois. Les salaires, par ailleurs, égalent ceux des jeunes diplômés d’écoles de commerce dans les grandes entreprises (de 28 000 à 36 000 E par an), mais sont moins élevés dans les collectivités territoriales (de 22 à 24 000 E pour un directeur d’office du tourisme d’une petite municipalité).

Dans tous les cas, il ne faut pas oublier que la plupart des entreprises du tourisme, agences de voyages et tour-opérateurs spécialisés privilégient avant tout l’évolution interne. Il y a des besoins à des postes d’encadrement pour des diplômés Bac+5, mais ils doivent souvent accepter de débuter et de compléter ainsi leur formation à des postes qui ne sont pas à la hauteur de leur espérance, analyse Linda Khenniche, directrice de l’ANPE Tourisme à Paris.

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