Pluie d’étoiles sur Marseille
Les touristes sont de retour à Marseille. Partout, des projets fleurissent pour renforcer le parc hôtelier. D’ici cinq ans, la ville offrira une gamme complète, de l’hôtel économique au palace.
Marseille a le sourire. Le tourisme urbain se développe de plus en plus dans la région. Ceci favorise la ville, se félicite Jean-Marc Coppola, président du Comité régional du tourisme de Paca. Une bonne santé confirmée par Maxime Tissot, directeur de l’Office de tourisme et des Congrès de Marseille, avec des chiffres éloquents. La ville est devenue en dix ans une véritable destination. De janvier à août 2006, le nombre de touristes français a progressé de 50 % par rapport à l’an dernier (Nord +67 %, Paris et sa couronne +58 %, Bouches-du-Rhône +48 %, mais Rhône Alpes -22,5 %) et celui des étrangers de 66 % (Espagnols +104 %, Japonais +90 %, Allemands +81 %, Chinois +79 %).
L’hôtellerie économique présentait cet été des taux d’occupation de 90 à 95 %, contre 85 à 88 % l’an dernier. Les trois étoiles connaissent eux aussi une forte progression avec un taux d’occupation passant de 70 % en 2005, à 85 %. On y recense principalement une clientèle familiale et française, mais les Britanniques, Italiens et Espagnols sont également présents, alors que les Russes et les Chinois commencent à arriver en masse dans les quatre étoiles.
Le Vieux Port, centre du luxe
Déjà dynamisé par le TGV et une meilleure image de la ville, le tourisme devrait connaître un nouveau sursaut, avec l’ouverture en octobre d’une aérogare à bas tarifs dans l’aéroport Marseille/Provence, qui drainera de nouveaux visiteurs venus de toute l’Europe. Et ces touristes, il faudra bien les héberger ! Depuis cinq ans, Marseille mène donc une politique active de recherche d’enseignes hôtelières et promet 1 400 chambres supplémentaires dans les cinq ans. Avec notamment un renforcement de l’offre haut de gamme, encore très peu représentée.
Préséance oblige, c’est le groupe local Erghot (22 établissements en Provence, à Paris et à Bruxelles) des frères Antoun qui a ouvert le feu en mai, avec l’ouverture d’un New Hotel en face du complexe Sofitel/Novotel dominant le Vieux Port. Le New Hotel of Marseille (100 chambres 4b, dont huit suites) se distingue par un style très tendance, avec l’utilisation intensive de codes couleurs, qui tranche avec les établissements plus classiques de cette catégorie. En mars 2007, à quelques centaines de mètres de là, le Radisson ouvrira ses portes. Il proposera 188 chambres, en 4b.
Mais l’annonce phare de cet été se situe sur l’autre rive du Vieux Port, avec la désignation de l’enseigne Intercontinental pour exploiter un hôtel de 180 chambres et 14 suites en quatre étoiles luxe dans un écrin exceptionnel : l’hôtel-Dieu, un hôpital du xviiie siècle désaffecté voici 20 ans puis reconverti en école d’infirmières jusqu’à cette année. Intercontinental va investir plus de 100 ME pour rénover ce bâtiment classé aux monuments historiques, et l’exploiter en 2011. Marseille disposera alors de son premier palace. De quoi se sentir moins complexée face à la Côte d’Azur ! Marriott se consolera de ne pas avoir été retenu lors de l’appel d’offres en installant en 2009 un quatre étoiles de 201 chambres dans le quartier d’affaires d’Euroméditerranée.
Pour les petits budgets aussi
A l’autre bout de la ville enfin, face aux plages et sur le terrain de l’hippodrome, le Concorde Borely (140 ch., 4b) sera inauguré fin 2007. Moins spectaculaires, les arrivées successives d’un Ibis (200 ch.) et d’un Suite Hôtel (100) sur le site Euroméditerranée en 2008, ainsi que d’un 2b près de la gare TGV permettront à Marseille d’offrir toute la palette d’hébergements, du palace aux hôtels petits prix, avec des capacités importantes. Reste une lacune de taille : l’absence de camping !
