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Pascale Jallet (SNRT) : « Un nouveau coup dur pour les résidences de tourisme »

Les réservations pour le printemps étaient plutôt bonnes dans les résidences de tourisme. Mais le changement de dates des vacances scolaires et les interdictions de déplacements ont provoqué de nombreuses annulations.

L’Echo touristique : Les dernières annonces du gouvernement ont-elles surpris le SNRT ?

Pascale Jallet : Malheureusement, depuis quelques semaines, nous sentions que le vent tournait dans le mauvais sens. C’est un nouveau coup dur pour les résidences de tourisme. Nous imaginions une reprise d’activité pour ces vacances de printemps, et nous étions prêts. Désormais, nous sommes dans l’urgence : nos équipes commerciales s’activent pour proposer des solutions à leurs clients, tandis qu’il va falloir, de nouveau, limiter les coûts et remettre des salariés au chômage partiel.

Combien de résidences de tourisme devaient rouvrir leurs portes en avril ?

Pascale Jallet : L’ensemble de nos 2 200 adhérents, ou presque, si on exclut les résidences à la montagne, et les résidences comme les Center Parcs, qui organisent leur activité autour du dôme aquatique. Mais, en ville, à la campagne, et sur le littoral : toutes avaient prévu d’ouvrir, si elles n’étaient pas déjà ouvertes. Les réservations pour le printemps étaient plutôt bonnes, mais le changement de dates des vacances scolaires et les interdictions de déplacements ont provoqué énormément d’annulations. Pendant les deux premiers confinements, nos résidences étaient fermées administrativement. Cette fois-ci, ce n’est plus le cas, ce qui nous oblige à nous adapter.

Avec des dispositifs commerciaux ?

Pascale Jallet : A destination de nos clients, oui. Par exemple, comme les déplacements sont autorisés pendant le week-end de Pâques, certaines résidences ont élaboré, en urgence, des forfaits pour des séjours de longue durée qui commenceront avant le 5 avril. Evidemment, cela ne compensera pas la perte de la clientèle habituelle… Nous allons également tout faire pour faciliter le report des séjours, mais c’est du cas par cas, chaque résidence ou groupement de résidences ayant ses propres conditions commerciales. Notre rôle, au SNRT, c’est d’abord d’informer nos adhérents sur la possibilité ou non, pour eux, d’accueillir du public, et dans quelles conditions. Car nos résidences peuvent accueillir des clients. Même s’ils ne seront pas nombreux…

La tendance des réservations pour les semaines à venir, et l’été, n’est pas bonne ?

Pascale Jallet : Il y a des réservations, mais ça n’est pas encore significatif. C’est loin de notre niveau habituel, à la même date. La tendance est à la dernière minute ces dernières années, et nous pensons que la crise va favoriser, pour cet été, les réservations d’ultra dernière minute. Les Français sont dans l’incertitude quant à la possibilité de voyager, quant à l’amélioration de la situation sanitaire, etc … Ils sont encore dans l’attente. L’envie de voyager, elle, est bien présente : ça se ressent, et toutes les études le montrent. Le marché repartira fort, quand il repartira. Il n’y aura pas besoin de donner envie. Mais nos capacités seront limitées : lors d’un été normal, nous atteignons parfois 95% du taux de remplissage… Nous ne pourrons pas aller jusqu’à 150%.


Charges fixes : « Nous lançons une hotline pour accompagner nos adhérents »

Le décret publié par le gouvernement il y a quelques semaines pour encadrer la prise en charge des coûts fixes des entreprises les plus pénalisées par la crise « ne convient pas du tout » au modèle des adhérents du SNRT. « Pour être éligible aux aides, il faut avoir perdu au moins 50% de chiffre d’affaires. Une entreprise qui a perdu 51% est indemnisée, celle qui a fait 49% ne le sera pas : c’est une prime à la mauvaise performance que nous trouvons inégale. Le dispositif est d’ailleurs éligible aux entreprises qui ont enregistré un chiffre d’affaires de 12 millions d’euros minimum… ce qui exclut de très nombreux petits acteurs. Voilà quelques exemples, et la liste est longue, qui font que nous pensons que ce décret n’est pas adapté à la situation des résidences de tourisme. Nous lançons donc une hotline dédiée à ce sujet pour nos adhérents. Parallèlement, nous continuons de négocier avec le gouvernement, pour rendre ce dispositif plus lisible, et, surtout, l’ouvrir à plus de professionnels ».

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