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Ophélie Barrière (Locaboat) : « Notre concept sera encore plus fort après la crise »

Comme tous les acteurs du tourisme, la pandémie de Covid-19 paralyse l’activité du loueur de bateau sans permis. Mais l’après-crise constituera peut-être une opportunité pour faire connaître ce tourisme de niche aux Français selon Ophélie Barrière, la directrice de Locaboat.

L’Echo touristique : Pouvez-vous nous présenter le concept de Locaboat ?

Ophélie Barrière : Depuis 1977, nous vendons des vacances à bord de bateaux sans permis sur les canaux et rivières navigables de 5 pays en Europe (France, Pays-Bas, Allemagne, Italie, Irlande), et ce depuis 1977. Ces bateaux, habitables, mesurent jusqu’à 15 mètres de long et accueillent parfois jusqu’à 12 passagers. Ils ouvrent la voie à une forme de tourisme plus doux, plus lent, à la découverte de la nature et des terroirs. Notre produit est donc calibré pour coller parfaitement à la France, qui dispose du plus grand réseau de voies navigables en Europe. 240 de nos 360 bateaux, dont nous sommes propriétaires, sont d’ailleurs positionnés en France, et notamment en Bourgogne, sur le Canal du Midi, en Bretagne, en Alsace, …

Votre activité, saisonnière, est-elle impactée par la pandémie de Covid-19 ?

Ophélie Barrière : Bien sûr, comme toute l’industrie du tourisme. D’autant plus que notre clientèle est composée à 70% de touristes étrangers… La saison n’a pas pu commencer à la date prévue, fin mars. Nous avons donc dû gérer les demandes de reports de clients qui devaient naviguer ce printemps, ce qu’ils ont tous accepté. La reprise d’activité se fera à des moments différents selon le pays. En France, Voies Navigables de France (VNF) prévoit une reprise, au mieux, au 29 mai. Cela fera donc deux mois d’exploitation en moins. Par ailleurs, sur le volet commercial, c’est le calme plat : depuis le 20 mars, nous n’avons enregistré aucune réservation ou presque, que ce soit venant de l’étranger ou venant de France. Nous échangeons beaucoup avec notre marché, nos concurrents, et nous ne sommes pas sûrs de pouvoir opérer avant la mi-juillet. Nous travaillons donc tous à un plan de reprise opérationnel, mais nous sommes dans l’attente de directives. Ensuite, ce sera à nous de montrer que nous savons recevoir du public dans des conditions sanitaires adéquates, et que notre forme de tourisme, qui est encore une niche, est plus que jamais pertinent.

C’est-à-dire ?

Ophélie Barrière : Depuis quelques années, il y a un regain d’intérêt notable des Français pour notre produit. Le slow-tourisme a le vent en poupe, et c’est exactement ce que permettent de faire nos bateaux. Les voies navigables sont accessibles et n’exigent pas de déplacement en avion ; ce sont des séjours en tribu, transgénérationnels ; qui permettent de découvrir ou de redécouvrir, sous un autre angle, des régions, des terroirs. La vie à bord est très autonome, c’est un peu l’aventure : on peut choisir de s’arrêter déjeuner ou dormir dans des endroits sauvages, isolés et sécurisés. Ce produit coche de nombreuses cases de ce qui est dans l’air du temps, des nouvelles attentes des touristes Français avertis. Avec le contexte post-pandémie, tout ça devrait prendre encore plus de sens. C’est donc à nous, les opérateurs de la location de bateaux sans permis, de faire connaître notre métier et notre offre, de nous garantir plus de visibilité auprès des Français. Même s’il faut être réaliste : l’année 2020, et peut-être même l’année 2021, sera difficile, et nous n’effacerons pas cet épisode d’un coup. Mais, à moyen et long terme, ce que nous vivons actuellement pourra être une opportunité pour capter l’attention de la clientèle française.

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