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L’édito de Dominique Gobert : quand les ailes cessent de battre…

Encore une semaine étrange dans un environnement confus, pour ne pas dire confit. Il semble que cette date tant attendue du 11 mai suscite beaucoup d’espoir, tant de la part des professionnels du tourisme que des transporteurs… Rien n’est pourtant gagné et je crains que nous allions au-devant de quelques désillusions…

J’ai même envie de dire « bas les masques » ! Car, si j’ai bien compris dans la confusion pas si artistique qui règne actuellement, si nous arrivons à sortir, faudra des masques. Plein de masques. Seulement, des masques -et j’entendais un nième médecin professeur docteur habitué des plateaux télés-, des masques « y’en a pas pour le peuple, mais c’est pas grave, vous prenez un vieux foulard, un morceau de tissu et vous vous démerdez » ! Sic et totalement avenu. Pourquoi pas, finalement, c’est comme d’habitude : un coup je te vois, un coup je te vois pas !

Beau masque comme on disait jadis dans les bons romans…

J’ai plus envie de parler d’aérien cette semaine, composante majeure de cette industrie du tourisme.

Pour Norwegian, c’est quasi plié : fini les vols long-courriers, des filiales sont au sol, des milliers de salariés sont au tapis et vont aller rejoindre la pléthore de leurs homologues, tels ceux de South African Airways ou de Level qui jette aussi l’éponge.

L’édito de Gobert : IATA ? Autisme à l’état pur !
Dominique Gobert.

Air Mauritius est aussi dans un cataclysme. C’est une défaillance hélas prévisible dans la crise actuelle, pour cette compagnie nationale. Financée quasi-exclusivement par un été souverain. Et un Etat souverain qui ne peut plus assumer la gestion financière de son transporteur national, ça veut dire beaucoup… L’Ile Maurice subsiste essentiellement grâce au tourisme, même si c’est un tourisme réservé aux plus « aisés ».

Mais dans la mesure où les plus aisés restent -comme les pauvres- confinés parmi les 7,5 milliards d’habitants de cette planète, c’est l’économie de tout un pays qui est en train de s’effondrer ! IATA aura beau s’agiter comme un poisson rouge dans son bocal, faut pas se leurrer, c’est tout le transport aérien qui est moribond.

En France, Oncle Ben (Smith) se débat comme un beau diable pour tenter un (encore) nième sauvetage, tentant mais c’est pas encore gagné, de trouver un prêt de quelque 6 milliards… théoriquement garanti par l’Etat. Seulement, même avec une garantie de notre gouvernement, les banques ne semblent pas tout à fait décidées à cracher au bassinet. D’autant que pour le moment, et même si Air France fait voler quelques aéroplanes « au complet » (au risque de transporter les virusés les uns les autres en toute convivialité), ça ne va pas durer longtemps.

Là aussi, on va devoir faire face à un vrai dilemme : faut-il faire voler des aéroplanes remplis à 50%, ce qui revient à perdre sa chemise (et son masque !) ou faut-il braver le virus non confiné ?

Autre iniquité, que je voulais souligner, malgré les mesures particulièrement bienvenues concernant l’aide aux entreprises, comment se fait-il que cette vieille Corsair soit refoulée au « prêt garanti » ?

Certes, si j’ai bien compris, même si elle arbore fièrement le pavillon français, ses actionnaires sont étrangers (mais européens quand même). Et elle ne dispose pas de fonds propres… suffisants ! Comme 90% des entreprises non seulement françaises mais européennes à l’heure actuelle. Est-ce une raison suffisante ? Je ne le crois pas.

Quant à nos industriels du tourisme, lesquels espèrent encore que les annulations de charges et autre fiscalité, malgré les efforts de Lemoyne, je crains que du côté de Bercy, on résiste encore et toujours à cette décision.

N’oublions jamais que, lors du début de la crise, il aura fallu une sacrée dose de persuasion de la part de Lemoyne pour que Le Maire consente, enfin, à mettre en place ces fameux « avoirs », évitant ainsi le remboursement des clients…

Là encore, va falloir être musclé…

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1 commentaire
  1. Anonyme dit

    Cependant Il existerait une solution, c’est la nationalisation d’Air France et Corsair pourquoi pas ( l’état en a la capacité avec un prêt de plus ou de moins ! ) Mais nous savons pertinemment que notre « système économique libéral et de libre marché » ne le permettra pas ……

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