Retrouvez l'actualité du Tourisme pour les professionnels du secteur tourisme avec l'Echo Touristique : agences de voyages, GDS, prestataires spécialisés, voyagistes

Massive Good peine à se déployer

Cette contribution volontaire sur les séjours et billets d’avion vise à lever 50 millions d’euros par an pour la lutte contre les grandes épidémies. Mais plusieurs obstacles empêchent son déploiement.

L’idée Massive Good, initiée en 2008 par la Fondation du Millénaire, paraît simple : proposer à chacun, par un simple clic lors de la réservation d’un séjour ou par le biais d’un agent de voyages, de contribuer à hauteur de deux dollars à la lutte contre les grandes épidémies, paludisme, VIH/SIDA et tuberculose. Mais son déploiement rencontre plusieurs difficultés. Après une révision à la baisse des objectifs initiaux, un milliard de dollars par an, Massive Good n’affiche que 200 000 $ (148 680 E) de dons, provenant principalement d’entreprises, alors que 11 M$ (8 ME) ont déjà été dépensés pour le lancement du projet.

UN LANCEMENT RETARDÉ

Si des dysfonctionnements révélés par le Financial Times – nécessité de créer une structure ad hoc, difficulté d’adaptation du logiciel aux agents, désaccord entre les parties prenantes – expliquent en partie ce retard, l’association partenaire Oxfam assure qu’aucune dépense anormale n’a été décelée, comme un audit le confirme. « Le logiciel mis en place par Amadeus n’est opérationnel qu’en Espagne depuis le mois de juin, explique Jean-Louis Richard, ancien directeur général d’Amadeus France détaché par la société sur ce projet. Pour des raisons d’efficacité, nous avons opté pour un lancement pays par pays, plus long. Mais avec l’entrée des États-Unis avant 2011, les dons vont rapidement prendre de l’ampleur ». D’après les nouvelles estimations, Massive Good devrait permettre de lever plus de 200 Me sur quatre ans en faveur de l’Unitaid. Les dons ne seront toutefois pas proposés aux voyageurs français. « Le pays, via la taxe Chirac sur les billets d’avion, est déjà le premier contributeur de l’Unitaid. Mais c’est une décision politique, on aurait pu le faire », pense Jean-Louis Richard, qui espère trouver auprès des entreprises françaises d’autres contributeurs.