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Long-courrier : un vent d’optimisme chez les TO qui restent prudents

C’est la bonne surprise de ce début de saison hivernale : le segment du long-courrier, à la faveur de la réouverture des destinations, reprend des couleurs. De quoi redonner le sourire aux spécialistes des îles lointaines, qui restent cependant sur leurs gardes.

Comme une bouffée d’air frais. Alors que l’hiver s’annonçait difficile pour les voyagistes positionnés sur le segment du long-courrier, plusieurs signes leur permettent d’aborder ce début de saison sur des bases très solides. « C’est vrai, la reprise est de plus en plus forte. Elle s’est accélérée au mois d’octobre », confirme Hélion de Villeneuve, le directeur général d’Austral Lagons. « En octobre, on a même battu tous les records », sourit Didier Sylvestre, directeur général adjoint en charge du commercial d’Exotismes.

« Mais il faut rester lucide : il s’agit avant tout d’une situation de rattrapage », poursuit Didier Sylvestre. « Nous avons énormément de retard par rapport à une année habituelle. Et, quoiqu’il arrive, nous ne pourrons pas le rattraper sur l’ensemble de notre production », abonde Hélion de Villeneuve. « L’engouement du marché est réel, mais nous devons rester réalistes : ça n’est pas en quelques semaines que nous pourrons rattraper 9 mois d’inactivité », analyse René-Marc Chikli, le président du Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto).

Certaines réouvertures de destinations entraînent le marché

« D’abord, nous parlons de prises de commandes. Avec les aléas de la situation sanitaire, nous ne pouvons pas savoir si toutes ces prises de commandes se transformeront bien en départs. Et puis, nous sommes en concurrence avec d’autres marchés, qui sont revenus plus tôt que nous. Mais il est évident que certaines réouvertures, comme celle des Etats-Unis, ont un effet d’entraînement indéniable sur la dynamique du marché ». Sur le marché français, le retour de l’Île Maurice semble profiter à tous les opérateurs positionnés à destination.

« C’est normal : la demande est très forte, il y a du stock, et la machine touristique s’est vite remise en route. Ce qui n’est pas le cas de toutes les destinations », illustre Hélion De Villeneuve. Yield intensif et hôtels surbookés à Dubaï, réceptifs en manque de main d’œuvre en Asie… Les imprévus et contraintes qui peuvent entraver l’expérience client ne sont pas encore visibles à l’Île Maurice, dont le savoir-faire touristique n’est plus à démontrer. « Ce sont les clients fidèles de Maurice qui sont revenus les premiers », explique-t-on du côté de Solea. « Après 18 mois de fermeture, s’il y a bien une dose que veulent certains Français, c’est une dose d’Île Maurice », estime Didier Sylvestre.

« Le marché est tout simplement en train de se recaler »

Dès la réouverture de la destination, le 1er octobre dernier, les flux de réservations se sont accélérés, au fur et à mesure des semaines, pour tous les tour-opérateurs. « En octobre, l’Île Maurice a largement repris la tête de nos destinations les plus vendues… comme avant la pandémie », confirme-t-on chez Solea, où on enregistre même une hausse des réservations de 20% par rapport à la même période en 2019. D’abord concentrées sur les vacances de la Toussaint, les ventes s’étirent désormais jusqu’à la fin de l’année, voire au-delà.

« Il a fallu un peu de temps, de retour d’expériences, pour que le marché consente à se lancer. Comme nous tous, les agents de voyages ont été traumatisés par tout ce que nous venons de vivre en tant que professionnels du tourisme. La distribution avait besoin d’un peu de visibilité pour adopter, de nouveau, le réflexe de l’Île Maurice », estime Didier Sylvestre. Pour Exotismes, le schéma observé ailleurs se répète. « Mais, j’insiste, il faut rester prudent : le marché est tout simplement en train de se recaler ». La prudence s’impose d’autant que la situation sanitaire reste sous haute surveillance, incitant le gouvernement à prendre cette semaine de nouvelles mesures.

Il n’empêche qu’à destination, des phénomènes n’avaient pas été observés depuis bientôt deux ans, comme la tension sur les stocks. « Nous sommes en concurrence avec des marchés, à l’image de la Russie ou de l’Ukraine, qui se sont positionnés très rapidement pour obtenir les meilleures chambres des meilleurs hôtels de l’île », analyse Hélion De Villeneuve. Dès lors, c’est toute la valeur ajoutée d’un tour-opérateur qui peut s’affirmer. En sécurisant les stocks, en s’assurant de la solidité des partenariats noués avec ses partenaires à destination et en continuant d’épouser les exigences du marché. « C’est une conséquence, au moins à moyen terme, de la pandémie : nous devons nous attendre à des prises de commandes les plus tardives possibles et proposer des garanties commerciales très généreuses. C’est ce qui me fait dire qu’il faut rester réaliste », estime René-Marc Chikli.

« On prend beaucoup de plaisir à faire notre travail de voyagiste »

Un sentiment de retour aux affaires donc, qui ne doit pas laisser croire aux uns et aux autres que la bataille est définitivement gagnée. « Mais on prend beaucoup de plaisir à faire notre travail, tout simplement. Voir des familles partir et revenir de l’Île Maurice pendant les vacances de la Toussaint nous a fait un bien fou. D’un point de vue financier, évidemment, mais pas que : c’est aussi important pour le moral de nos équipes, et pour nos partenaires à destination », se réjouit Didier Sylvestre, alors qu’Exotismes se remet même à organiser des mariages ou des voyages de noces.

Du côté d’Austral Lagons, on regarde avec gourmandise les demandes arrivées pour des destinations comme le Pérou, l’Afrique du Sud, l’Argentine, le Botswana ou encore le Costa Rica. « Des choses qu’on n’a pas vu depuis deux ans », confie Hélion De Villeneuve. Solea, de son côté, a rencontré plus de 500 agences de voyages lors de sa tournée commerciale organisée à la rentrée dans 12 villes différentes. Un succès qui prouve également le besoin de formation de distribution, après plusieurs mois de paralysie.

Reste désormais à savoir si ce vent de reprise va s’installer durablement. Et si les voyagistes pourront opérer, toute la saison, dans leurs destinations respectives. « Quoiqu’il en soit, la vraie reprise sera, au mieux, pour l’année 2022 », conclut Didier Sylvestre.

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