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Locations saisonnières type Airbnb : clap de fin pour la start-up Bnbsitter

Avec l’arrêt forcé de Bnbsitter, c’est une partie de l’économie collaborative « made in France » qui se déclare en faillite, estime son président.

Après six ans et 3,5 millions d’euros levés, Bnbsitter est en liquidation, nous a confirmé ce matin son cofondateur Biagio Tumoni. « Malgré la passion de toute notre équipe, la fidélité indéfectible de milliers d’utilisateurs et le dévouement de centaines de Sitters partout en France, Italie et Belgique, nous ne sommes pas arrivés à survivre aux nouvelles réglementations qui, depuis janvier 2019, boulversent le marché de la location touristique en France », explique dans un post Piero Cipriano, cofondateur et président.

La jeune pousse, qui avait intégré la promotion 2013-14 du Welcome City Lab, permettait aux propriétaires de réserver des services pour l’accueil de leurs voyageurs : remise et reprise des clés, préparation des logements avec un service de ménage et de lavage du linge. C’est donc l’un des premiers services de conciergerie nés dans le sillage des locations saisonnières type Airbnb.

Un nouveau cadre contraignant

« Depuis janvier 2019, avec la loi Elan, une nouvelle réglementation s’applique en France, avec des restrictions importantes pour les propriétaires souhaitant louer leurs logements », rappelle Biagio Tumino. Ceux qui possèdent une résidence principale sont limités à 120 jours par an de location de leur logement en entier. Pour ceux qui disposent d’une résidence secondaire, une déclaration en mairie avec changement d’usage est parfois exigée par la commune, notamment dans la capitale.

« A Paris, il faut alors débourser plusieurs centaines de milliers d’euros, ce qui incite des propriétaires à laisser leurs logements vacants », poursuit le cofondateur de BnbSitter, qui a aussi fait face à une concurrence croissante, en France comme à l’étranger. « La nouvelle réglementation, portée par Ian Brossat, adjoint de la maire de Paris, avait la volonté de frapper un géant, Airbnb. Mais finalement, elle a tué une start-up française », ajoute Biagio Tumino, qui espère ainsi sensibiliser les pouvoirs publics. « D’autres services de conciergerie sont touchés, il devient difficile de pérenniser ce type d’activité. »

Pas de nouvelle levée de fonds

« Avec Bnbsitter, c’est une partie de l’économie collaborative made in France qui déclare sa faillite, mise au tapis par la guerre aveugle et sans merci menée contre la sharing economy made aux US”, écrit aussi Piero Cipriano. Mais l’une (la française, plus sensible au facteur humain et/ou environnement) n’est pas forcément l’autre (l’américaine, plutôt axée pure business), et l’amalgame créé entre les deux a paradoxalement pénalisé pour le moment une start-up 100% française et a eu peu d’effets sur les mastodontes internationaux. »

C’est dans ce contexte que BnbSitter a poursuivi sa croissance, mais moins vite que le prévoyait le business plan. La jeune entreprise, qui gérait environ 1000 appartements par mois, a tenté en vain une nouvelle levée de fonds. « Le marché est devenu frileux avec ce nouveau contexte réglementaire ». Des discussions ont démarré avec des acteurs industriels, sans lendemain. « Nous avons reçu trois propositions, mais les candidats à la reprise ne voulaient pas reprendre les salariés. Nous avons préféré décliner. » La liquidation a ainsi été prononcée le 27 juin 2019.

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