Ligne Marseille-Nice : premier bilan mitigé pour Transdev
L’opérateur allemand Transdev, qui a fait ses premiers pas sur le tronçon Marseille-Nice fin juin, tire le bilan de la saison estivale.
C’est un premier bilan mitigé. Deux mois après le lancement des trains Zou ! sur le tronçon Nice-Marseille – première ligne ferroviaire régionale opérée par un opérateur privé, Transdev et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur font un point d’étape et contestent en partie la critique.
Pour mémoire, fin juin, Transdev se lançait en région PACA. Et promettait de passer « d’un service réputé auparavant comme le pire de France à une offre fiable ». L’opérateur allemand s’engageait ainsi à faire remplacer les rames Corail, vieilles de 45 ans et souvent défectueuses, augmenter la fréquentation des trains et, surtout, répondre aux exigences de régularité de la région – 97,5%. Sans quoi, il risquait des pénalités financières.
Trains bondés, retardés, annulés
A presque M+2 du lancement, Transdev a-t-il tenu ses promesses ? Rien de moins sûr. Les usagers déplorent un système largement dysfonctionnel. Sur le groupe Facebook « Ras-le-bol de la SNCF PACA », plusieurs déplorent la surfréquentation des trains Zou !, ainsi que leur manque de ponctualité. « Trains bondés par manque de voitures », s’offusque une usagère. Un participant anonyme déplore quant à lui avoir vu son train annulé sans explications. « Le train n’a jamais circulé. C’était censé être le dernier pour Nice au départ de Marseille ! Personne en gare pour Transdev pour nous expliquer cette annulation. »
Sur X, les plaintes contre le nouvel opérateur font du bruit. Près de 20 000 vues pour une publication se moquant du prix des billets et du manque de ponctualité des trains : « Avec la concurrence, les trains seront à l’heure et moins chers, car la SNCF est nulle… La réalité ? Retards, tout pareil. »
Des « résultats corrects » pour Transdev, selon la Région
C’est un bien triste tableau que dressent les usagers. Pourtant, dans un communiqué publié le 20 août 2025, la région PACA affirme des « résultats corrects ». « L’objectif d’un train toutes les heures a été respecté. » Et d’afficher un taux d’annulation de 0,25%, soit « 10 fois mieux qu’en juillet 2023. » « Au 18 août 2025, le taux de régularité atteint 95,29% », assure la région.
La région reconnaît toutefois une forte affluence, caractéristique des mois d’été sur la ligne Marseille-Toulon-Nice. « Ce service très fréquenté continue de gagner de nouveaux voyageurs. » « Le doublement de l’offre et la mobilisation de 16 trains ont par ailleurs permis de mieux traiter les pics estivaux de fréquentation. »
Certains usagers semblent pourtant douter de cette déclaration. Toujours sur les réseaux sociaux, ils sont nombreux à déplorer des « trains bondés ». « Ce matin, aux Arcs, impossible de monter à bord du train de 6h41. Obligé d’attendre celui d’après », relate un usager, illustrant son propos par des photos sur lesquelles on voit les usagers peiner à rentrer dans le train estampillé « Zou ! ».
Des prix parfois plus chers qu’en TGV

Il faut dire que Transdev n’a pas lancé son offre à la période la plus évidente. Fréquentation record de la Côte d’Azur à l’été 2025, canicule… Les voies, anciennes et fragiles, mènent aux mêmes dysfonctionnements qu’avec la SNCF. Et des 16 nouvelles rames commandées par l’opérateur, seules 9 ont été livrées pour l’instant, obligeant Trandev à louer du matériel à la SNCF.
A service similaire, prix équivalents ? Pas vraiment, ce que déplorent également les usagers. Dans certains cas, prendre un TER Zou ! de Transdev peut être plus cher que d’emprunter les TGV de la SNCF. L’Echo touristique a tenté la simulation sur le comparateur de billets Trainline, pour un départ le mercredi 27 août : le TGV InOui est proposé à 31 euros… Contre 40,80€ l’aller en TER Zou !, pour le même temps de parcours.
14 heures de panne
Enfin, c’est la gestion des incidents qui semble hasardeuse chez Transdev, et entraîne retards et mécontentement des passagers. Un rapport d’incidents que s’est procuré BFMTV indique notamment que, lors d’une panne au niveau de la gare des Arcs, le 3 août 2025 à 21h, le conducteur n’aurait fait une demande de secours qu’à 2 heures du matin. Une contradiction avec la règlementation en vigueur, qui stipule qu’une demande de secours doit être faite au plus tard une heure et demi après la panne.
La rame de Transdev sera ainsi restée figée 14 heures aux Arcs. Un autre conducteur de Transdev, arrivé le lendemain de l’incident à 7 heures, permettra la séparation des deux rames aux alentours de 10 heures. Pendant ce temps, la voie principale de circulation sera restée bloquée et inaccessible par les autres trains.
La région PACA ne démord pas. Face aux critiques sur les réseaux sociaux, et aux relais dans les médias, Jean-Pierre Serrus, vice-président de la Région en charge des transports, réaffirme : « Rien aujourd’hui ne permet de dire que le service s’est dégradé depuis l’arrivée de Transdev. Nous avons déjà onze trains neufs sur les seize commandés. L’année dernière, nous opérions encore avec des trains Corail qui datent de quarante ans. »
Les cinq dernières rames devraient être livrées fin novembre.
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