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Liaison directe Genève-Londres : un pas décisif franchi par les acteurs ferroviaires

Les CFF, SNCF Voyageurs et Eurostar ont signé, le 11 mai 2026, un protocole d’entente visant à accélérer le lancement d’une liaison entre la Suisse et Londres.

Les Chemins de fer fédéraux suisses (CFF), SNCF Voyageurs et sa filiale Eurostar ont franchi une étape significative dans le développement d’une liaison ferroviaire directe entre la Suisse et le Royaume-Uni. La signature d’un protocole d’entente, annoncée le 11 mai 2026, marque une volonté commune de capter l’important potentiel d’un marché historiquement dominé par le transport aérien.

Une alliance tripartite face à une demande croissante

La métropole londonienne constitue aujourd’hui la première destination aérienne au départ de la Suisse. Face aux impératifs climatiques et à la volonté croissante des voyageurs d’affaires comme de loisirs de privilégier le train, le report modal est alors un enjeu stratégique pour les acteurs du ferroviaire. Les trois opérateurs entendent ainsi exploiter cette dynamique : ce récent protocole s’inscrit dans le sillage de l’accord de coopération ratifié en mars entre les CFF et SNCF Voyageurs, lequel posait déjà les bases d’un développement de nouveaux itinéraires internationaux.

L’expertise d’Eurostar, qui assure les liaisons transmanches depuis plus de trente ans, couplée au solide maillage territorial de la SNCF et des CFF, offre une assise robuste à ce projet complexe.

L’horizon des cinq heures trente pour Genève

Si le tracé définitif reste à consolider (des options transitant par Bâle et Zurich sont également à l’étude), la perspective d’une desserte genevoise occupe une place de choix. Les études préliminaires démontrent qu’un trajet direct entre Genève et Londres pourrait s’effectuer en 5h30. Bâle et Zurich seraient quant à elles respectivement reliées en 5h et 6h.

Les partenaires se concentrent désormais sur l’analyse technique des grilles horaires et des concepts d’exploitation. Ce travail permettra d’identifier rapidement les « étapes clés et jalons » nécessaires au lancement effectif de cette ligne.

Des défis administratifs et techniques à surmonter

De nombreux obstacles, inhérents à l’établissement d’une liaison transfrontalière hors de l’espace Schengen, demeurent toutefois. La mise en œuvre d’un service fluide exige de résoudre de multiples défis opérationnels : la gestion stricte des formalités douanières et d’entrée, la compatibilité des infrastructures, la disponibilité des sillons et la certification de rames parfaitement adaptées.

Ces travaux s’appuient sur un cadre bilatéral précis, notamment l’accord intergouvernemental signé en mai 2025 entre le conseiller fédéral suisse Albert Rösti et la ministre britannique des Transports Heidi Alexander. En raison de ces impératifs techniques et réglementaires, l’entrée en service de cette nouvelle ligne n’est sérieusement envisageable qu’au « courant des années 2030 ».

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