Le boom du tourisme à vélo met les TER sous pression
Face à l’essor du cyclotourisme, les régions renforcent les réservations dans les trains et adaptent progressivement leur offre.
Prendre son vélo, monter dans un train et partir en itinérance séduit un nombre croissant de voyageurs en quête de vacances plus durables et moins dépendantes de la voiture. Mais derrière l’image d’un tourisme « slow », l’organisation devient parfois plus complexe, notamment dans les TER où les places dédiées aux vélos restent limitées.
Sur plusieurs lignes très fréquentées par les cyclotouristes, la réservation pour embarquer un vélo non démonté est désormais obligatoire durant la haute saison. C’est notamment le cas en Auvergne-Rhône-Alpes sur les axes Lyon-Avignon-Marseille, Grenoble-Gap, Valence-Briançon et Lyon-Genève qui desservent des itinéraires cyclables populaires comme la ViaRhôna.
Montée en puissance de l’intermodalité train + vélo
La région explique cette évolution par la forte progression simultanée de la fréquentation des TER et de la pratique du voyage à vélo depuis la crise sanitaire. En 2025, plus de 41 000 réservations vélo ont été enregistrées sur les quatre lignes concernées, dont près de 32 000 sur l’axe Lyon-Marseille. Selon une étude régionale menée en 2022, 37% des usagers de la ViaRhôna étaient venus en train, contre 25% cinq ans plus tôt.
Cette montée en puissance de l’intermodalité train + vélo accompagne les ambitions nationales autour du tourisme durable. La France ambitionne en effet de devenir la « première destination mondiale du tourisme à vélo d’ici 2030 ». A noter par ailleurs, la volonté du gouvernement d’aider les territoires à structurer le vélotourisme. La DGE a notamment lancé un appel à candidatures pour identifier et développer la filière.
Mais sur le terrain, les règles varient encore fortement selon les régions et les types de trains : réservation gratuite ou payante, obligatoire ou facultative, plateformes distinctes pour les billets voyageurs et les vélos… Un fonctionnement parfois jugé peu lisible par les usagers. « Cela peut être dissuasif pour des gens qui voudraient faire quelque chose un peu à l’improviste », estime Didier Couval, président de CycloTransEurope.
Des solutions existent
Pour simplifier l’expérience, plusieurs initiatives émergent. Le site velotrain.fr centralise par exemple les règles d’emport des vélos dans les trains selon les opérateurs et les régions. De son côté, France Vélo Tourisme travaille à intégrer davantage d’informations ferroviaires et d’outils d’intermodalité sur ses cartes et itinéraires.
Les collectivités cherchent également à absorber cette demande croissante. La région Auvergne-Rhône-Alpes indique avoir augmenté le nombre de places vélo dans les TER et renforcé les équipes SNCF chargées d’accompagner les cyclotouristes en gare.
D’autres solutions se développent parallèlement, comme la location de vélos sur place ou les offres de location « one-way », pour une location en itinérance d’un point A à un point B. Les voyageurs peuvent aussi transporter gratuitement un vélo démonté et rangé dans une housse.
