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Les palaces font la chasse au dioxyde de carbone

Treize hôtels de luxe ont entamé une démarche de bilan carbone et mettre en place des actions pour réduire leurs émissions de C02.

Le Club des dirigeants des grands hôtels et palaces de Paris, conseillé par François Tourisme Consultants (FTC), a embarqué treize établissements dans une démarche de bilan carbone au début de l’année. Objectif : comptabiliser et suivre les émissions de gaz à effet de serre (GES) et établir un plan d’action afin de les réduire. « Dans toute démarche environnementale, le premier pas est d’effectuer un état des lieux », explique Yohann Robert, consultant chez FTC. Le Hilton Arc de Triomphe de Paris, qui participe à l’initiative, met en place un logiciel de management des GES développé par la société Verteego. L’outil, en ligne, se base sur les méthodologies et référentiels de l’Ademe. « Nous adaptons ces référentiels au métier spécifique de l’hôtellerie, car il n’existe pas de logiciel dédié à ce secteur pour l’instant. L’ergonomie est importante, il doit pouvoir être utilisé par des non spécialistes », explique Rupert Schiessl, directeur général de Verteego. Concrètement, les hôteliers renseignent des champs tels que la consommation d’électricité, de gaz, la production de déchets ou les achats pour la restauration, grâce à des données comptables. Celles-ci sont ensuite converties en émissions de GES par le logiciel. En séparant les consommations des différents services, l’hôtelier peut alors suivre ses émissions pour l’éclairage ou les transports. « La deuxième étape sera de mettre en place un plan de suivi et d’actions fin octobre », annonce Yohann Robert. Aucun objectif n’a été défini, mais Jérôme Schehr, responsable développement durable du Fouquet’s Barrière, estime que son projet de diminuer les GES de 20 % d’ici à 2020 pourrait s’appliquer à d’autres grands hôtels.

POINT NOIR, LES TRANSPORTS

« Outre la formation des chefs de service et la sensibilisation à des gestes simples, les hôteliers disposent de leviers efficaces comme la maîtrise des consommations d’eau chaude et d’éclairage, la valorisation des déchets et l’approvisionnement en produits locaux et de saison », explique Yohann Robert. Des leviers qui font défaut pour les transports, notamment des clients, qui peuvent représenter de moins de 50 % à 85 % d’un bilan carbone. Or, dans ce domaine, il n’existe pas d’alternative à l’utilisation de transports collectifs et au renoncement à l’avion. Est-ce acceptable pour la clientèle des palaces ? L’initiative a un coût, plutôt modique. Le bilan carbone est en effet facturé environ 8 000 E, pris en charge à 50 % par l’Ademe. Mais la note peut s’alourdir rapidement. Les actions à mettre en place peuvent être plus coûteuses, notamment dans le cas d’investissements pour des systèmes de chauffage ou d’isolation. Alors pourquoi se lancer ? Madeleine Espagnet, chef comptable à l’hôtel Hilton Arc de Triomphe, pense tout d’abord à la taxe carbone qui, bien qu’enterrée par le gouvernement, pourrait réapparaître à moyen terme. La démarche permet d’anticiper de nouvelles réglementations et normes, de réduire sensiblement ses coûts de fonctionnement et sa dépendance aux énergies fossiles, et de satisfaire une demande des clients. Elle constitue aussi, et c’est important dans le luxe, un outil pour améliorer son image de marque.

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