Les Canaries, un chapelet bariolé
Jamais oubliées par les Allemands ni les Britanniques, les îles Canaries font leur retour sur le marché français. Au large du Maroc et du Sahara occidental, leurs plages offrent le dépaysement hivernal sans la contrainte d’un long-courrier. Et leurs déserts de lave et leurs forêts subtropicales sont faciles d’accès.
L’afflux d’immigrants sur des embarcations de fortune a donné lieu à la diffusion de tristes images en provenance des îles Canaries. A moins de 100 km des côtes africaines, la situation de l’archipel espagnol est de fait, pour les passeurs clandestins, une porte d’entrée de premier choix vers l’Union européenne.
Cette médiatisation de la détresse des demandeurs d’asile n’a pas découragé les touristes français, venus plus nombreux (+11 %) qu’en 2005. Avec les vols directs réguliers mis en place par Binter Canarias, l’accès s’est simplifié, explique Nadia Ennaifer-Anabi, DG d’Hypervacances. Historiquement, les Canaries étaient une destination d’hiver. Maintenant, elles se vendent toute l’année. Sur place, la préférence est accordée à Grande Canarie et à Tenerife, deux valeurs sûres. Mediades lance toutefois un vol direct Paris-Fuerteventura cet hiver.
Point noir de la destination, ses tarifs sont souvent perçus comme élevés, comparables à une semaine de séjour en République dominicaine. Les Canaries gagnent donc à jouer l’atout de leur diversité. Entre les plages farniente de Tenerife, les espaces sauvages et ventés de Fuerteventura et les flancs tropicaux de La Palma, les ambiances et les climats varient énormément sur les sept îles principales de l’archipel. Tous les publics – couples, familles, véliplanchistes, randonneurs – y trouvent leur compte, dans des infrastructures hôtelières de bonne facture.
Un moratoire sur la construction d’équipements additionnels a conduit les investisseurs à privilégier le haut de gamme. D’où un panier moyen en hausse : 4 % de mieux en 2005 pour l’ensemble des touristes accueillis sur place, et jusqu’à 20 % de plus pour les forfaits vendus depuis la France. Nous sommes passés de 750 à 980 E entre 2004 et 2005, confirme Cristian Rocca, directeur commercial de Merîlia. Un défi d’excellence que les Espagnols sont prêts à relever.
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