Les Baléares reprennent des couleurs
Le marché français est en chute depuis plusieurs années. Stimulant la concurrence, les ambitions de Marmara à Majorque pourraient inverser la tendance cette saison.
Les Français ne seront pas les seuls à voter en mai ! Des élections régionales sont prévues en Espagne et, à Majorque, les affiches du Partido Popular (droite), au pouvoir depuis trois ans, défendent le bilan du gouvernement autonome, notamment le retour en grâce des îles auprès des touristes : Hemos recuperado el turismo, cumplido !. Traduisez le tourisme se porte à nouveau bien, mission accomplie !
C’est d’ailleurs en bataillant contre l’écotaxe instaurée par le gouvernement précédent (de gauche) que le PP avait gagné les élections. Une astuce électorale qui avait fait mouche dans un archipel où le tourisme est la principale activité économique. De fait, la dernière crise en date semble surmontée. L’an dernier, plus de 10 millions de touristes se sont rendus aux Baléares (+7 % par rapport à 2005).
Avec 1 300 hôtels et 400 résidences, Majorque concentre la majeure part de l’offre. Ibiza vient ensuite, suivie de très loin par Minorque et Formentera. On se rend à Ibiza surtout l’été, notamment pour y faire la fête, tandis que Majorque se vend toute l’année. Retraités et cyclistes remplissent les hôtels en hiver, les Espagnols et les Allemands fréquentent leurs résidences secondaires dès les premiers beaux jours, quand les croisiéristes y font escale à partir d’avril, qui correspond aussi à la mise en place des vols charters.
Le tourisme se veut respectueux des hommes et des territoires
Aménagement de la ville de Palma autour de sa cathédrale, remise en état de chemins millénaires pour attirer les randonneurs, développement de pistes cyclables ou de l’agrotourisme (prisé des Anglo-Saxons) et gel des constructions pour ne pas défigurer les côtes encore préservées : aux Baléares comme ailleurs, le tourisme se veut désormais durable, respectueux des hommes et des territoires. Même la baie de Palma, très bétonnée, a subi un sérieux toilettage. Majorque ne veut plus entendre parler de baléarisation, ce néologisme traduisant les abus commis au nom du tourisme de masse.
Un message qu’il reste à faire passer aux touristes français, sous-représentés comparés aux Allemands et Anglais, même si la tendance s’infléchit (426 000 Français en 2005, en hausse de 3,5 %). Vue des Baléares, la France est donc devenue un petit marché mais pour certains TO, à commencer par Fram, leader historique sur la destination, l’archipel est stratégique. Il y dispose de trois Framissima à Majorque (dont deux détenus en propre) et un à Ibiza, depuis l’été dernier.
Pour coller à la tendance, le TO propose aussi une approche intimiste de la destination : Découverte de Majorque alternant détente, randonnée et visites, et un Majorque en liberté, avec location de voiture et hébergement en demeures de charme. De quoi tenir la dragée haute à Marmara, qui – c’est l’événement de la saison – débarque à Majorque, avec la force de sa stratégie industrielle.
Le voyagiste y propose trois hôtels, dont un Club Marmara, et un ambitieux plan de vols. Ses petits prix ont séduit 15 000 clients engagés. Ce démarrage l’a incité à contracter des allotements avec cinq nouveaux hôtels. Il ne se serait toutefois pas fait au détriment de Fram, qui annonce des réservations en forte hausse par rapport à l’an dernier. Alors un retour en grâce des Baléares ? Voilà de quoi rassurer Thomas Cook, Jet tours et autres Kit Soleil, très engagés aussi sur la destination. En attendant Austro Pauli, qui pense lancer l’Espagne en 2008.