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Les alliances ont-elles encore un avenir ?

Après l’Alliance T, c’est au tour du G4 de se dissoudre. Les démissions d’AS Voyages et d’American Express posent la question de l’utilité même de ce type de regroupement.

L’annonce du partenariat entre Carslon Wagonlit Travel et Nouvelles Frontières, en octobre dernier, avait sonné le glas pour l’Alliance T, bâtie principalement autour de CWT et Selectour. Havas l’avait déjà quittée trois ans plus tôt. Aujourd’hui, c’est au tour du G4 de voir ses membres partir. American Express et AS Voyages ont décidé d’en démissionner, le 29 avril, quelques jours après un conseil d’administration houleux. « L’attitude bloquante de Thomas Cook, suivie par Manor, a contraint American Express et AS Voyages à donner leur démission. Elles seront effectives à compter du 1er novembre », indique François-Xavier de Boüard, coprésident d’AS Voyages. Mais au-delà de ce désaccord, ce type d’alliance basé sur la mutualisation des coûts et les négociations aériennes a-t-il encore un sens à l’heure où les réseaux de distribution se sont adossés à un grand groupe intégré ou fusionnent pour peser plus lourd face aux fournisseurs ?

À LA RECHERCHE DE PARTENAIRES

« Dans certains domaines technologiques, les alliances ont encore une utilité. La dématérialisation des titres de transports, par exemple, nous contraint à investir dans de nouveaux outils, et il est toujours intéressant de chercher à mutualiser ces coûts supplémentaires. Quant aux négociations aériennes, il vaut toujours mieux de faire du volume pour obtenir de meilleurs tarifs », explique Francis Gallo, vice-président de Manor. Le réseau sera d’ici la fin de l’année seul avec Thomas Cook et certainement délesté des agences du Cediv. Il devrait donc se mettre rapidement en quête d’un nouveau partenaire, pour continuer à avoir du poids auprès des compagnies aériennes, qui, elles aussi, cherchent à rationaliser leurs coûts au maximum. De leur côté, AS Voyages et American Express, qui seront libres de leurs engagements au sein du G4 à compter du 31 octobre prochain, pourraient aussi partir à la recherche de nouveaux associés et pourquoi pas le faire ensemble. « Il faudrait simplement reconstruire les deux outils principaux qui composent le futur ex-G4 : d’un côté les accords aériens mutualisés et de l’autre la salle des marchés avec la base tarifaire d’American Express et l’assistance aux agences avec la veille tarifaire. D’autant que le calendrier est favorable puisque les négociations pour 2011 avec les compagnies aériennes débuteront en novembre », explique Jean-Pierre Mas, coprésident d’AS Voyages, qui réaffirme ainsi la proximité du réseau avec Amex.

UNE HISTOIRE D’HOMMES

De son côté, Éric Audoin, le directeur général d’American Express Voyages d’Affaires France, confirme « qu’une nouvelle forme de partenariat est envisageable avec AS Voyages », après avoir abandonné le projet d’accord-cadre qui devait les unir. « Notre départ du G4 est lié à la mésentente entre les opérateurs et non à l’utilité du GIE en lui-même. Au contraire, ce type d’alliance a toujours un sens, car il est indispensable de pouvoir partager les coûts pour continuer à investir », indique-t-il. La fin du G4 relève donc d’une histoire d’hommes plus que d’intérêts.

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