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L’édito de Dominique Gobert : Le vent du boulet…

Incontestablement, l’Etat a sauvé les professionnels du tourisme durant cette crise insupportable. C’est un fait et il mérite d’être souligné. Maintenant qu’il semble, mais rien n’est encore sûr, que la reprise pointe le bout de son nez, quid ?

« L’Etat a sauvé la profession, reconnaissait Jean-Pierre Mas, Président des EdV. Seulement, ces « prêts » sont des boulets accrochés à nos jambes », ajoutait-il.

Il est vrai que l’Etat a participé à hauteur de près de 4 milliards d’euros au sauvetage du secteur. Certes. Seulement, sur ces 4 milliards, seul un petit milliard aura été une véritable « aide » : le Fonds de solidarité. Pour le reste, quoi qu’il en coûte, il faudra rembourser et tout le monde ne le pourra pas. C’est encore un fait. Dans le cas du PGE, c’est encore « un prêt » (comme l’indique son nom), garanti par l’Etat. Le « Report de charges », accordé par Bercy est également un prêt et, comme on le dit avec humour auprès de tous les organismes de crédit, « Un prêt doit être remboursé, vérifiez vos possibilités financières » ou quelque chose d’approchant.

Dominique Gobert, éditorialiste

Seulement voilà, la crise n’aura souvent servi qu’à mettre en exergue les entreprises qui étaient déjà en grandes difficultés, bien avant la crise. Celles qui avaient une gestion saine et rigoureuse ont bénéficié avec raison de ces prêts, sans pour autant « taper » dans l’argent des clients, argent sauvegardé grâce à l’ordonnance du 25 mars, instituant ces fameux « avoirs ». En revanche, ceux qui étaient déjà en état de mort annoncée ont allègrement (ce n’est pas un reproche, c’est l’instinct de survie) utilisé l’argent de ces clients et devront forcément, rembourser les prêts… sans en avoir les moyens !

En fait, du moins dans la pensée de l’Etat, ainsi que dans celle de nos instances professionnelles, ces prêts, le PGE en priorité auraient dû être sanctuarisés le plus possible…

Tel n’a pas été le cas pour nombre d’entreprises, lesquelles ont demandé (et obtenu) l’étalement de la dette sur une période de dix ans.

Soit.

Sauf que très peu d’entreprises auront droit à ce report, ce que soulignait avec véhémence le président des EdV. « Ces allègements ne sont que de faux engagements », dit-il. Il n’a pas tort, car, pour bénéficier de cet étalement, il faudra prouver la détresse et la mauvaise santé de ces entreprises !

« Nous ne le voulons pas », s’insurge ainsi Jean-Pierre Mas, « car, si une telle procédure était adoptée, cela signifierait, ni plus, ni moins, que les entreprises concernées auraient recours à la fameuse « procédure de sauvegarde ». Autrement dit, à plus ou moins longue échéance, la mise en liquidation !

Ce que ne veut pas l’Etat, lequel, en tant que « garant » de ces prêts, devrait se substituer aux emprunteurs…

Toutefois, si jamais l’Etat refusait ces « étalements » pour tout le monde, la facture deviendrait pour Bercy beaucoup plus salée : indemnités de chômage et crise sociale notamment.

Seul avantage : balayer les entreprises douteuses ! Mais, franchement, est-ce bien raisonnable ?

Je pose la question !

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