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L’édito de Dominique Gobert : la pandémie au secours du tourisme ?

Une remarque, parmi tant d’autres, entendue lors de ce premier Forum A World For Travel, tenu cette semaine, au Portugal à Evora : la pandémie a, en quelque sorte, redonné ses lettres de noblesse au tourisme.

Il était temps. Encore que l’on se serait fort bien passé de cette saleté de virus pour faire ce constat. Vous me direz que le tourisme, du moins dans notre pays, a depuis fort longtemps été considéré comme une activité « mineure ». Si j’ai bonne mémoire, l’ex-président de la République Nicolas Sarkozy, à une époque déjà lointaine, s’étonnait que les services de l’Etat mette en place quelques subsides pour ce secteur alors « qu’il fonctionne tout seul ».

Il aura fallu la pandémie pour que la situation évolue. Même si, depuis quelques années, sous l’impulsion de Laurent Fabius, le tourisme est plus qu’« une porte d’entrée au gouvernement », quasiment un ministère à part. Un secrétariat d’Etat pour l’instant, mais l’avenir n’a pas dit son dernier mot.

Dominique Gobert, éditorialiste

En tout cas, à Evora, le tourisme, durable de surcroît (mais c’est encore un sujet délicat), était au cœur des débats.

D’ailleurs les ministres et secrétaires d’Etat venus du monde entier l’ont reconnu : le tourisme est une économie mondiale, primordiale même pour certains pays de la planète. Et la crise sanitaire a cruellement affecté le secteur. 

Soit dit en passant, moi qui ne suis pas ministre (et loin de l’être), peut-être que tout ce petit monde, au lieu d’œuvrer chacun dans son coin, dépensant des tonnes de budget pour faire la promotion de leur propre pays, pourrait conclure des accords de coopération, du genre « je t’envoie mes touristes, tu m’envoies les tiens ». Enfin, ce que j’en dis…

Et puis, lors de ce genre de crise, il serait bon d’harmoniser les grandes orientations. La Grèce, par exemple, s’est remarquablement débrouillée. La destination a d’ailleurs fait un malheur, pour le plus grand bien de la destination et de nos voyagistes français qui avaient misé sur le pays.

Nous, il faut bien le reconnaître, on a été moins bons, en termes d’accueil des visiteurs étrangers. Certes, le pass sanitaire a été une belle avancée. Mais l’ensemble de la fréquentation touristique a été principalement assurée par des Français.

Mais bon, comme le dit le secrétaire d’Etat au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne, la crise qui a affecté le tourisme lui permet de plus facilement « plaider la cause du tourisme » auprès de sa hiérarchie.

Dommage qu’il faille un virus…

Maintenant, il faut aussi penser à la saison hivernale. Et là, franchement, je rigole doucement. On se souvient de la saison dernière, durant laquelle les stations de montagne étaient « ouvertes ». Sauf que les remontées mécaniques étaient closes à double tour.

Personne n’a jamais compris pourquoi, mais sûrement que Jean-Baptiste Lemoyne n’a pas été assez persuasif auprès du ministre de la Santé Olivier Véran. A moins que Cédric Beaune, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, ne soit passé par là.

Heureusement, pour cette saison, Frère Lemoyne est confiant : « On a rouvert les boîtes de nuit. Je ne vois pas pourquoi on ne rouvrirait pas les cabines et les œufs… »

Cocasse (coque as, pardon) en quelque sorte. 

Mais je « ne vois » toujours pas pourquoi on a fermé l’an dernier.

1 commentaire
  1. Susan Holt (retraitée) était DMC à Paris et en France pendant plus de 50 ans dit

    Il y a t-il un confusion chez nos politiques, comme avec la majorité des Français, entre le tourisme ‘outgoing’ et le tourisme ‘réceptif’. Le réceptif apporte une somme très important à l’économie Française et est traité comme un non-événement. Or avec le plus grand respect pour l’outgoing l’apport à l’économie est moins important.

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