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Le Venezuela veut un écotourisme fort

Le pays repense son économie en mettant l’accent sur le tourisme durable. Avec la noble ambition de respecter la nature et la culture des populations locales. La machine est en marche.

Le pétrole n’est plus aujourd’hui la priorité économique du Venezuela et le tourisme fait l’objet d’un plan de développement pour la première fois dans l’histoire du pays. Le 7 mai, un bureau d’informations touristiques et commerciales a été inauguré au terminal national de l’aéroport de Caracas. Et le président de Venetur [l’OT vénézuélien] a indiqué que le Venezuela souhaitait ouvrir d’autres bureaux, précise Farid Fernandez, conseiller chargé du tourisme à l’ambassade du Venezuela à Paris. En France, une antenne pourrait voir le jour d’ici la fin de l’année.

Certes, l’île de Margarita, spot de glisse réputé, attire déjà énormément de visiteurs. Mais ce n’est pas ce modèle de masse que le président du pays Hugo Chavez souhaite reproduire. Il préfère s’orienter vers un tourisme durable, respectueux de la nature mais aussi des populations locales, à l’image de ce qui se fait non loin de là, au Costa Rica. Favoriser l’écotourisme est une des priorités, dans le but de faire découvrir les régions de notre pays et la grande variété de la faune et de la flore, poursuit Farid Fernandez. Par exemple, Proyecto Tropical Andino (à Mérida) mène une action auprès des habitants de la région de La Toma, en gérant des maisons traditionnelles restaurées et en organisant des excursions dans les environs.

Des Français encore timides

Pour réussir son pari, le Venezuela peut s’appuyer sur la vingtaine de lignes aériennes internationales, en particulier Air France, qui assure un vol quotidien direct Paris-Caracas. Certes, la compagnie cible les voyageurs d’affaires (en particulier les sociétés pétrolières), mais elle doit aussi remplir l’arrière de ses avions. De quoi faciliter la venue des touristes hexagonaux.

Iberia propose quant à elle un vol quotidien depuis Madrid, en correspondance avec Paris et plusieurs villes de province. La période idéale pour découvrir le pays s’étend de la mi-décembre à la mi-avril, pendant la saison sèche. Le Venezuela cible surtout les amoureux de la nature, les aventuriers et les sportifs. La marge de croissance est importante, pour peu qu’il s’attache aussi à sécuriser les visiteurs, en particulier dans la capitale Caracas. En 2005, 605 000 touristes internationaux ont visité la destination, mais un tiers venait d’Amérique du Nord. Les Européens sont essentiellement des Allemands et des Italiens, suivis des Espagnols et des Britanniques. Quant aux Français, ils étaient 30 629. C’est certes 45,5 % de plus qu’en 2003, mais une bonne partie de ces visiteurs se sont déplacés pour raison professionnelle.

Ce virage touristique n’est pas pour déplaire aux 35 voyagistes français qui programment la destination. Ils réalisent toutefois de petits volumes. Mais tous sont conscients du potentiel du pays, à l’heure où le tourisme durable n’est plus un vain mot : la forêt amazonienne, les plaines de Los Llanos, le delta de l’Orénoque, la grande savane rocheuse où se trouve Salto Angel, l’une des plus grandes chutes d’eau du monde, les Andes, la côte caribéenne aux plages sublimes, l’archipel de Los Roques… autant de facettes qui font le bonheur des spécialistes de la randonnée ou de la plongée, comme Club Aventure/Sport Away (leader avec 700 clients par an). Dima Tours, spécialiste de l’Amérique du Sud, programme pour sa part le Venezuela depuis cette année, avec un circuit de 10 jours (à partir de 2 060 E) et des séjours balnéaires, rejoignant Gaéland qui propose quelques circuits (via sa marque Alica). D’autres pourraient bien les imiter.

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