Retrouvez l'actualité du Tourisme pour les professionnels du secteur tourisme avec l'Echo Touristique : agences de voyages, GDS, prestataires spécialisés, voyagistes

Le long-courrier prend un coup de froid

Les voyagistes du Seto ont de nouveau bouclé, fin octobre, un exercice négatif avec un recul de l'activité qui se poursuit sur le début de la saison hiver, notamment vers les destinations lointaines.

C'est mieux qu'en 2012-2013, où les ventes de forfaits avaient reculé de 7,5%. Mais sur les cinq derniers exercices, le cru 2013-2014 reste cependant l'un des plus mauvais, du moins en trafic. Les membres du Seto (Syndicat des Entreprises du Tour-operating) ont, en effet, fait voyager, entre le 1er novembre 2013 et le 31 octobre 2014, 4 130 747 clients à forfait, soit une baisse de 3,8%. Elle va de pair avec une contraction de 2% du volume d'affaires, à 4 135 M€. La recette unitaire moyenne progresse néanmoins de 1,9% et passe même la barre symbolique des 1 000 à 1 001 €.

« Les réductions des capacités aériennes, y compris pour l'activité vols secs, ont permis aux voyagistes d'augmenter leurs paniers moyens », commente René-Marc Chikli, président du Seto. Par comparaison, l'exercice 2009-2010, avec un trafic en hausse de 2,7% (la meilleure performance de ces cinq dernières années), s'était soldé dans le même temps par une baisse de la recette unitaire de -1,6%, à 925 €. Reste que l'exercice 2013-2014 a été, une fois de plus, éprouvant avec une saison estivale (-2% en nombre de clients, +0,4% en chiffre d'affaires) qui a heureusement compensé, grâce à un excellent mois d'août, un hiver très mauvais (-6,8% en trafic, -5,3% en recettes).

Le Maroc et la Tunisie dévissent

Sur le moyen-courrier, ce sont les destinations d'Europe du Sud, et notamment l'Espagne et la Grèce, qui ont suscité le plus d'engouement, au détriment des poids lourds historiques du Maghreb. Si la France reste N°1 pour les ventes de voyages à forfait avec 748 585 clients (-3,1%), l'Espagne (incluant les Canaries et les Baléares) la talonne désormais avec 634 337 clients (+7%) suivie par la Grèce et ses îles avec 375 232 clients (+17,6%). Le Maroc a subi au contraire une nette érosion (312 782 clients, -11,5%) quand la Tunisie (230 466 clients, -22%) est loin d'avoir retrouvé son public. Au global, les destinations moyen-courriers ont néanmoins résisté avec 2 559 196 clients (-2,9%), un volume d'affaires quasi stable de 2 010 M€ (-1,4%) et une recette unitaire de 786 €, en hausse de +1,5%. La morosité est davantage de mise pour le long-courrier qui a dévissé sur l'exercice, de 7% en trafic et de 3,1 % en chiffre d'affaires. Certes, la recette unitaire augmente, à 2 110 € (+ 4,2%) mais le top ten fait grise mine. À l'exception de Cuba (+6%), tous les hits habituels sont en négatif, y compris des championnes passées comme la République dominicaine (-12%), l'Île Maurice (-12%) ou la Thaïlande (-13%). Cette tendance s'accroît sur la saison d'hiver avec « un recul prononcé de l'activité en long-courrier », note le Seto. Selon le périmètre Data+ du syndicat, soit les 18 TO qui disposent de l'outil statistique le plus approfondi, les prises de commande en long-courrier ont dévissé de 21% en cumulé au 30 novembre. La baisse n'est que de 8% en moyen-courrier quand les réservations vers la France restent stables. Ce décrochage est inquiétant même si certains opérateurs se veulent rassurants. « Le modèle du tour-operating a changé », analyse Patrice Caradec, président de Transat France. « On n'affrète plus à tout va comme par le passé, surtout en long-courrier. La gestion des capacités est passée par là, préservant mieux les marges. La République dominicaine en est le meilleur exemple. Cela explique en partie la baisse des ventes de forfaits vers les destinations lointaines ».

L'été laisse place à l'optimisme

La crise économique, qui encourage « le moins loin, moins cher », et la désintermédiation croissante facilitée par l'offre pléthorique des vols réguliers et des bed banks pour l'hébergement font le reste. Selon Jean-Paul Chantraine, président d'Asia, il faut noter aussi une spécificité du marché français qui « surréagit » face aux événements géopolitiques et sanitaires. « Le décrochage actuel des réservations est très impacté par le trou d'air de la fin septembre/début octobre après l'appel à la vigilance renforcée du Quai d'Orsay ». Ceux qui partent en long-courrier privilégient d'ailleurs davantage cet hiver les séjours cocooning plutôt que l'itinérance et le voyage, note le spécialiste de l'Asie. « Et si l'hiver est en retard, l'été est déjà engagé à 15%, ce qui laisse de la place à l'optimisme. Il n'y a pas de fatalité ». Sachant que les opérateurs qui résistent et continueront à engranger de la croissance « sont les voyagistes avec des produits à forte valeur ajoutée », remarque Patrice Caradec. « C'est notre cas avec les Lookéa qui tirent l'activité. Ainsi Cuba fait un carton chez nous en ce début d'hiver ».

%%HORSTEXTE:1%%

Laisser un commentaire

Dans la même rubrique