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L’Ile-de-France veut faire des Franciliens ses premiers touristes

L’Île-de-France, c’est la région la plus touristique de l’Hexagone. Quadrillée par plus de 390 gares, elle pourrait constituer un terrain de jeu idéal pour les Franciliens, suite à la crise sanitaire.

C’est du moins le pari du Comité régional du tourisme (CRT) de Paris Île-de-France, qui planche actuellement sur le schéma directeur du tourisme francilien pour la période 2022-2026. « Nous voulons que les Franciliens deviennent les premiers touristes de leur région », explique Emmanuel Blum, qui pilote l’élaboration de ce schéma directeur. « Si l’offre culturelle est bien identifiée à Paris et en petite couronne, l’offre nature et culture de la grande couronne l’est moins, hormis quelques points d’importance » comme Versailles et Fontainebleau.

« Nous souhaitons donc que les Franciliens redécouvrent leur région, que ce soit pour une excursion d’une journée, ou même pour un court-séjour », affirme Emmanuel Blum. Et « le train est le moyen d’accès privilégié pour toutes ces expériences », selon lui. Car les transports en commun doivent jouer un rôle clé dans cette stratégie touristique. C’est en tout cas l’avis de Transilien, le réseau de trains de banlieue de SNCF Voyageurs, qui dessert l’Île-de-France. Depuis 2019, la filiale de la SNCF travaille pour attirer les visiteurs, étrangers ou non, à sortir du cœur de Paris, et des incontournables Versailles et Disneyland Paris.

84% des Franciliens à moins de 3km d’une gare

« Puis est survenue la pandémie, qui a changé nos méthodes d’approche. Est-ce que ce sera durable ? On ne le sait pas encore. Mais nous faisons le pari qu’avec l’essor du télétravail, les Franciliens retrouveront le goût de prendre le train, le week-end, pour leurs loisirs », explique Amandine Martin, secrétaire générale de Transilien SNCF. L’été dernier, la marque a donc lancé la campagne #Cpasloinentrain, pour valoriser des sites patrimoniaux, culturels ou naturels accessibles via le pass Navigo.

« Le développement de cette offre de tourisme local renferme trois enjeux. Un enjeu social, d’abord, en proposant des idées d’escapades à petits prix à ceux qui ne peuvent pas partir en vacances. Un enjeu économique également, puisqu’elle a pour objectif de mettre en lumière les acteurs de ce tourisme. Enfin, un enjeu écologique, puisque notre réseau est accessible : 84% des Franciliens vivent à moins de 3 kilomètres de l’une de nos gares ». Emmanuel Blum y voit aussi un facteur « d’acceptabilité du tourisme, avec une meilleure répartition des retombées de l’économie touristique ».

Trouver des solutions de mobilité douce

Néanmoins, de nombreux défis devront être relevés pour développer le tourisme de la grande couronne. A commencer par celui du fameux dernier kilomètre. En effet, une fois arrivé dans la gare de destination, comment rejoindre un château, l’entrée d’un parc naturel ou un équipement sportif ? « Trouver des solutions de mobilité douce avec les acteurs locaux est l’un des enjeux majeurs des cinq prochaines années. C’est l’intermodalité qui répondra à la problématique du dernier kilomètre », pense Emmanuel Blum.

Avant de trouver des solutions plus structurantes, l’Institut Paris Région, qui a mené une étude sur le sujet, recommande des aménagements, comme l’installation de toilettes publiques, ou une signalétique claire pour guider les visiteurs lorsqu’il y a une correspondance avec un autre train ou un bus, par exemple. « Il faut un guidage pas à pas lors de ces déplacements, pour éliminer tout le côté anxiogène », précise Florian Tedeschi, ingénieur transports de l’Institut Paris Région.

La crise pour dynamiser la reprise ?

Un guidage qui, par exemple, indiquerait la sortie la plus pratique à emprunter, en gare, pour accéder au point d’intérêt. Ou qui proposerait des itinéraires thématiques afin de répondre aux attentes de chacun (« le plus rapide », « le plus pratique », « le plus intéressant », …). Dans le même esprit, la formation des agents Transilien à l’accueil de ces touristes d’un jour et à la connaissance des sites touristiques qui les entourent est chaudement recommandée par l’Institut Paris Région.

Avant de mettre en place ce genre de solutions pérennes, c’est bien le volet promotionnel qui sera préféré, en 2021, pour amorcer la relance du tourisme en Île-de-France. Transilien va reconduire la campagne #cpasloinentrain, et va l’élargir à la valorisation des artisans et de leurs métiers. Le contexte sanitaire et le renforcement annoncé de certaines tendances (staycation, slow travel, micro-aventures, …) pourraient incarner les leviers qui permettront aux Franciliens de relancer la machine touristique de leur région. Une région couvrant 4 parcs naturels, 4 sites inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco, et est constituée de 75% de forêts et d’espaces agricoles.

Car Paris et l’Île-de-France dépendent trop de la clientèle internationale, en tout cas en ces temps pandémiques. En 2020, la région n’a accueilli que 17 millions de touristes (contre 50 millions en 2019), pour 6,5 milliards d’euros de retombées économiques (contre 22,5 milliards d’euros en 2019).

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