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Le camping prend des airs d’hôtel-club

Les améliorations en termes d’hébergement et d’équipements ont transformé les campings en de vrais villages de vacances. Mais les agences sont encore frileuses pour vendre ces produits…

Petit test révélateur : dites à votre entourage que vous louez un mobil-home dans un camping cet été. Et attendez les réactions. On vous ressortira sans doute les parties de pétanque, les mimiles à casquette et le pastis servi sur la table pliante ! Depuis les premiers congés payés de 1936, qui ont entraîné l’incroyable développement de l’hôtellerie de plein air, l’image ringarde du camping semble toujours aussi vivace.

Championne d’Europe en nombre de terrains de camping (près de 10 000 aujourd’hui), soit le même chiffre que la totalité des autres pays européens, selon la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air (FNHPA), la France a pourtant radicalement transformé la physionomie de son offre. Depuis plusieurs années, notre capacité d’accueil – 110 emplacements en moyenne par site – n’a pas vraiment varié. Le changement est intervenu dans le choix de l’hébergement : les premiers mobil-homes ont fait leur apparition dans les années 80. Et depuis le milieu des années 90, ils se sont généralisés sur l’ensemble des campings, au détriment des tentes et des caravanes. Ils occupent aujourd’hui 300 000 emplacements sur un total d’un million d’unités, constate Guylhem Féreau, président de la FNHPA.

Résultat : dans les allées des campings, l’ambiance est aujourd’hui plus proche du village de vacances ou de l’hôtel-club que du camping de grand-papa. Les résidences mobiles (mobil-homes) nouvelle génération et les HLL (habitations légères de loisirs, principalement des chalets de bois et des cottages) rivalisent d’espace, de confort et d’esthétique. L’environnement a lui aussi évolué, avec une offre complète de services (restaurants, bars, salles de jeux, supérettes…) ; les piscines sont de véritables parcs aquatiques et l’animation inclut presque toujours un club enfants pendant les vacances. Aujourd’hui, la concurrence est plutôt du côté des résidences de tourisme, des Center Parcs et de VVF, confirme Bernard Sauvaire, président du directoire de Yellow Village, l’un des opérateurs du marché.

Charte qualité sévère et commercialisation directe

Créé en 2000, à l’initiative de deux propriétaires de campings, Yellow Village regroupe 35 franchisés, en France et en Espagne. Les prestations sont identiques d’un site à l’autre, répondant à une charte de qualité : résidences mobiles et chalets haut de gamme, piscine, tennis, aire de jeux pour les enfants, accueil et services opérationnels du premier au dernier jour d’ouverture, animations et miniclubs.

Dix ans plus tôt, Sunelia avait déjà fédéré plusieurs campings, en mettant l’accent sur la qualité et la protection de l’environnement. De 18 aujourd’hui, nous passerons en 2005 à une trentaine de sites répartis en France, précise Alain Faveau, directeur général de Sunelia. D’autres regroupements volontaires trouvent également leurs marques. L’association les Castels réunit 45 terrains 4b dotés d’une demeure de caractère, Sites et Paysages de France assure un environnement naturel et culturel. Quant aux 22 sites labellisés Les pieds dans l’eau (version camping d’un regroupement d’hôtels-restaurants du bord de mer), ils offrent un accès direct à la mer ou à un lac.

Tous ces regroupements privilégient la commercialisation directe, via des brochures, et désormais des sites Internet. Doté d’une licence d’agence depuis cette année, Les pieds dans l’eau proposera même bientôt à sa clientèle des forfaits tout compris, incluant le séjour en cottage climatisé et le transport. L’an dernier, Sunelia a investi dans une centrale de réservations, préférant cette solution à l’accord signé avec Afat Voyages, qui n’a pas vraiment décollé.

Equipé d’un centre d’appels, Yellow Village veut, pour sa part, travailler aussi avec les agences, et rétrocède une commission de 12 à 15 %. Dans moins d’un an nous serons sur GDS, grâce à un système d’e-management, pour lequel nous venons d’investir 150 000 E, annonce Bernard Sauvaire.

Lagrange et Locatour, les deux spécialistes de la location, ont compris l’intérêt qu’ils avaient à se positionner sur ce marché en devenir.

Différencier camping traditionnel et mobil-home

Pour une meilleure lisibilité du produit, nous mettons en exergue les chalets et mobil-homes sur une trentaine de pages. Tous les sites proposés en brochure sont visités et nous vérifions qu’il n’y a pas de mélange entre le camping traditionnel et l’offre de mobil-homes, commente Philippe Gastal chez Locatour. Ce produit permet de pallier le manque de villages de vacances en France, tout en offrant plus de liberté, complète Line Baudu, directrice commerciale chez Lagrange. Autre spécialiste de la location, Next est quant à lui passé de 11 à 22 campings cet été, et compte à nouveau doubler sa production en 2005.

Une offre mieux organisée, parfaitement adaptée

D’autres TO généralistes se positionnent aussi. Thomas Cook présente une quinzaine de sites équipés. Mais la plus grande offensive vient de Nouvelles Frontières. Le voyagiste a signé cette année un accord avec le fabricant O’Hara, pour un modèle de mobil- home exclusif de 30 m2, doté d’un aménagement intérieur unique, et installé sur une trentaine de campings. Nous équilibrons l’opération avec huit à dix semaines de remplissage à 100 %. Ensuite, c’est du bonus…, se félicite François Perrin, chef de produit France chez NF.

Son partenaire O’Hara ne se contente pas d’être un constructeur : il a lui aussi rejoint la grande famille des opérateurs, en lançant cette année O’Hara Vacances. Ce nouveau TO veut, selon son directeur général Francis Maréchal, être un coordinateur des différents métiers : fabricant, propriétaire de campings, voyagiste, agence de voyage. La première brochure O’Hara Vacances regroupe une sélection de 30 campings, équipés de mobil-homes spécifiques et de la même vaisselle, du même micro-ondes… Pas de mauvaises surprises pour le client ! Avec cette offre de mieux en mieux structurée et mise en avant, le produit mobil-home devrait donc s’imposer dans les agences.

Simple à vendre, parfaitement adapté aux familles, de plus en plus rentable compte tenu de la hausse régulière des tarifs (en plein été, un séjour d’une semaine s’échelonne entre 600 et 800 euros), il a en effet tout pour séduire. Encore une fois à l’avant-garde, la grande distribution entend bien attirer par ce biais une partie des neuf Français sur dix qui choisissent la France lorsqu’ils partent en vacances.

Les enseignes les plus célèbres ont, sur ce marché, une approche de producteur. Pionnier en la matière, Carrefour Voyages occupe le terrain depuis une dizaine d’années, avec même une brochure spécifique Mobil-homes. La première date de 1996. Chaque année, le distributeur propose une trentaine de campings 3 et 4*, situés principalement sur le littoral, et dotés de clubs enfants.

L’offensive de charme de de la grande distribution

Pour s’imposer lui aussi et pousser la formation de ses agences, E. Leclerc Voyages a lancé, pour sa part, une opération promotionnelle d’envergure, début 2004. Nous avons commercialisé huit séjours en résidences mobiles, sur des sites animés avec piscine, au prix unique de 130 E la semaine, valable en mai, juin, septembre et octobre. Ils étaient proposés sur le catalogue général E.Leclerc, distribué à 15 millions d’exemplaires. Nous avons réalisé 1 600 ventes en 10 jours !, se réjouit Bernard Boisson, directeur de E. Leclerc Voyages. Le réseau a donc intégré cette offre dans sa brochure générale Eté. Chez Voyages Auchan, on prévoit, pas plus tard que l’an prochain, une brochure spécifique, regroupant une quinzaine d’offres.

Les agences traditionnelles ont tout intérêt à ne pas rater le train. Il reste un gros travail de communication. Selon un récent sondage de L’Echo touristique (23 avril 2004), près de 34 % des agents ne veulent pas vendre de séjours en mobil-home et 14,7 % ne se prononcent pas. Beaucoup d’agences, qui ont du mal à cerner le produit, souhaiteraient plus de formations : aucun éductour n’est proposé en hôtellerie de plein air.

Installée depuis deux ans dans les Yvelines, l’agence Api Club, d’Elisabeth Bonnassie, prouve toutefois que la distribution traditionnelle peut profiter de ce marché. Elle commercialise une soixantaine de campings, équipés de résidences mobiles, auprès des comités d’entreprise. Je passe des contrats annuels avec les sites, que je choisis après visite, en veillant à harmoniser mon offre sur l’ensemble du territoire, y compris la Corse. Tout le monde s’y retrouve. Les contrats annuels m’assurent une trésorerie stable, les campings remplissent leurs arrière-saisons, et les comités d’entreprise trouvent la même qualité d’hébergement et de services d’un site à l’autre.

D’autres agences aimeraient s’appuyer sur des produits vitrines, qu’elles pourraient mettre en avant pour communiquer, et qui donneraient une autre vision du camping à leurs clients. A l’image des expériences originales lancées par quelques opérateurs. Citons Nomade Aventure et ses yourtes mongoles (tentes circulaires de toiles et bois), proposées en séjour d’une semaine ou à la carte (50 Ela nuit pour deux, avec petit déjeuner, ou 15 E par personne si l’on partage sa yourte !). Ou encore les Roulottes de campagne, cette version haut de gamme de la roulotte traditionnelle, que la société Bocages installe dans des environnements ultra protégés (de 74 à 150 E la nuit).

Basé sur une enquête Ipsos/Lafuma qui dévoilait l’envie de jouer au campeur des Français, le nouveau concept Huttopia surfe quant à lui sur la soif de nature des citadins. Il propose des hébergements sur des sites d’exception, à proximité des forêts (comme des cabanes sur pilotis), en partenariat avec l’Office national des forêts pour l’environnement paysager et la sécurité. En 2005, deux villages labellisés Huttopia ouvriront à Versailles et près de Tours. Le PDG, Philippe Beaussanne, aimerait passer un accord avec un réseau d’agences pour les commercialiser. Avis aux amateurs…

Les agences cernent mal le produit et désireraient plus de formations. D’autres aimeraient s’appuyer sur des produits vitrines.

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