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LaGuyane veut en finir avec les préjugés

Synonyme du bagne, à priori alarmistes, atouts méconnus… La Guyane peine à se faire une place sur le marché du tourisme. Mais ceux qui y vont en reviennent… ravis !

Entre 2004 et 2005, les ventes de forfaits en Guyane ont progressé de 77 % ! pour atteindre… 922 clients au total. Autant dire une misère car cela représente 1,5 % du nombre de visiteurs français qui fréquentent la destination (50 000 en 2004). Bien sûr, il faut tenir compte des spécificités de ce morceau d’Amazonie française. Les déplacements liés à l’activité spatiale et les visites à la famille ou aux amis travaillant sur place représentent près de la moitié des séjours.

D’autre part, comme le rappelle Valérie Robinel, DG du Comité du tourisme de Guyane (CTG) : La Guyane est un département français. Beaucoup l’abordent donc en construisant eux-mêmes leur voyage. Surtout depuis la montée en puissance d’Internet. Ce que confirment les trois plus importants réceptifs. JAL, Couleurs Amazone et Takari Tours, qui ont tous pignon sur Toile, réalisent moins de 5 % de leur chiffre d’affaires avec les tour-opérateurs et les agences.

Nature sauvage, aventure soft et haute technologie

Côté voyagiste justement, Go Voyages ne vend que des vols secs et Nouvelles Frontières a arrêté la destination cette année. Est-ce à dire qu’il n’y a rien à faire avec la Guyane en matière de tourisme organisé ? D’abord, la Guyane souffre, auprès du grand public comme des vendeurs, d’être mal connue. Les préjugés fleurissent : enfer vert, bagne, moustiques… La réalité est autre : aventure soft sur les fleuves d’Amazonie (on peut même s’y baigner), approche extraordinaire des animaux (marais de Kaw), frisson high tech au centre spatial, émotion et farniente aux îles du Salut (l’ancien bagne, seul endroit du territoire où la mer est belle, c’est-à-dire bleue).

S’il faut oublier les plages, la nature est omniprésente et l’aventure fait partie intégrante du voyage. Ce dernier permet par ailleurs une découverte culturelle des populations locales : Noirs, Créoles, Amérindiens, Hmongs, Métros… Fait rare : sur place, toutes les personnes investies dans le tourisme sont des passionnées. Raison pour laquelle, sans doute, le tourisme d’affaires est en train de décoller. En Guyane, on vit très vite, très fort, des tas de choses contrastées.

Pour faire évoluer l’image de la destination, le CTG a mené jusqu’en 2004 une grande campagne de communication. Son succès a néanmoins un revers. Un touriste sur dix reçu en direct par les réceptifs est d’abord passé par une agence en métropole. Il voulait se rendre en Guyane et on a essayé de lui vendre le Costa Rica ou le Brésil à la place, destinations que les vendeurs connaîssent mieux…

Chez Guyane Authentique, Katia Chanteloup ne désespère pas : 200 clients, c’est peu ; mais tous reviennent emballés. Alors on s’accroche. Bien sûr, il faudrait plus de vols, d’hôtels de charme. Ce que confirme Mireille Blanc, directrice de production chez Starter : Vols direct Air France, infrastructures sécurisantes, l’Amazonie et les fusées sur un même territoire, c’est unique, idéal pour un voyage individuel sur mesure. Et pour ceux qui veulent absolument faire du balnéaire, il est toujours possible de proposer un combiné avec la Guadeloupe ! D’autres TO y croient, tel Ailleurs qui produit plusieurs circuits, repris dans la brochure Grands Voyages du réseau Afat Voyages (150 clients par an).

Confiant, le CTG reprendra cet hiver sa communication, en mettant cette fois en avant les produits. Souhaitons que les agences y soient enfin sensibles.

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