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« La taxe sur les billets d’avion est indolore pour le voyageur »

Philippe Douste-Blazy vient d'être réélu à la tête d'Unitaid. L'ancien ministre de la Santé décrypte pour L'Écho touristique les objectifs de la taxe sur les billets d'avion.

L'Écho touristique : Combien de pays adhèrent à Unitaid ?

Philippe Douste-Blazy : 42 chefs d'État et de gouvernement ont signé. 15 pays ont fait passer la loi visant à instaurer la taxe sur les billets d'avion. Deux milliards de dollars ont été récoltés en presque quatre ans. Nous consacrons cette somme à la lutte contre trois maladies, que sont le sida, le paludisme et la tuberculose.

 

Quel est le périmètre idéal ?

Il faudrait que l'ensemble des pays mettent en place la taxe sur les billets d'avion. Tout le monde peut payer 1 E de plus par billet ! Ce n'est même pas le prix d'un café ! C'est indolore pour le voyageur. Nous devons prôner ce capitalisme d'après-crise. On ne peut pas laisser 1,5 milliard de personnes sans les biens publics mondiaux que sont la santé, l'éducation, l'eau et la nourriture.

 

Quels projets soutenez-vous au niveau de la lutte contre le sida, dont c'était récemment la journée mondiale ?

Unitaid soutient deux grands projets. Le premier concerne les enfants séropositifs. Plus de 1 000 enfants naissent chaque jour avec le sida. Tous, ou presque, vivent dans les pays pauvres. Aujourd'hui, huit enfants atteints du sida sur dix sont soignés grâce à un traitement financé par Unitaid, via la Fondation Clinton. Le deuxième projet concerne les 1,4 million de femmes enceintes porteuses du sida dans le monde. 50 % d'entre elles ne sont pas soignées, parce que les traitements coûtent trop chers. Nous avons décidé de financer le programme de l'Unicef baptisé "Mother-Baby Pack" (un pack de médicaments, ndrl). Nous avons quatre pays pilotes : le Lesotho, le Kenya, et à compter de janvier, le Cameroun et la Zambie. Sans traitement, le risque de transmission de la mère à l'enfant atteint 40 %. Avec, il tombe à 5 %. Nous pouvons faire des générations sans sida.

 

Vous êtes le secrétaire général adjoint des Nations unies, chargé des financements innovants. Pourquoi ne pas taxer, en plus des voyageurs, les clients des restaurants étoilés par exemple ?

Nous devons effectivement créer des financements innovants. Il faut trouver des contributions qui rapportent, et puissent être déployées à l'échelle mondiale. Si, dans l'ensemble du G20+, qui rassemble 44 pays, nous prélevions un à trois centimes par paquet de cigarettes, nous aurions sept milliards de dollars par an. Là encore, ce serait indolore pour le consommateur.

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