La République dominicaine joue la diversité
Avec la presqu’île de Samana reliée par vol direct, le pays renouvelle son attrait auprès des Français. Il parie plus que jamais sur les niches et les thématiques pour entretenir sa croissance.
La République dominicaine ne sera pas exposante au Salon mondial du tourisme. Etonnant pour la première destination long-courrier des Français en vente de forfaits. Mais finalement logique, compte tenu de la notoriété acquise ces dernières années. Nous préférons désormais être plus présents en province, remarque Mercedes Castillo, directrice de l’Office du tourisme à Paris. Ce qui n’empêchera pas la Rép’Dom de poursuivre, à partir d’avril, ses campagnes publicitaires avec, à la clé, de l’affichage national, en partenariat avec plusieurs voyagistes.
2006 a été un bon cru. Le pays a accueilli 4,4 millions de touristes internationaux (+11 %), dont 306 002 Français. Si ce chiffre est à l’étale par rapport à 2005, il conforte nos compatriotes à la première place européenne. Et les statistiques de l’Association de tour opérateurs/Ceto sont à la hausse, preuve que la destination se vend toujours plus en forfaits. Entre le 1er novembre 2005 et le 31 octobre 2006, les TO membres du Ceto ont vendu 194 234 forfaits (+8,7 %). La performance est d’autant plus à saluer que la destination est désormais à maturité.
Bien sûr, elle a profité des déboires de la Réunion et de Maurice pour cause de chikungunya, et du Mexique pour cause de cyclones. Mais elle prouve qu’elle reste une valeur sûre. Ainsi, le leader Marsans (56 000 clients, +3 % par rapport à 2005), Switch, NF, Vacances Transat (22 000 clients, +7 %), Look Voyages ou Crystal TO… se félicitent-ils d’une belle année 2006, apaisée après les perturbations générées par les prix bradés entre 2003 et 2005 par Maxi (liquidé en 2005). L’image de la Rép’Dom a retrouvé une cohérence, constate Bruno Gallois, PDG de Marsans, dont le forfait moyen est stabilisé autour de 1 000 E la semaine (en tout inclus).
L’hiver en cours confirme ces tendances, d’autant que l’attrait est renouvelé avec l’accès facilité à la presqu’île de Samana (Nord-Est), région très nature et préservée. Végétation tropicale exubérante, criques de rêve peu fréquentées et baleines à bosse (fidèles au lieu chaque année entre janvier et mars), les atouts ne manquent pas. Un aéroport international y a été inauguré le 1er novembre, qui accueille deux vols depuis Paris, affrétés par Look Voyages (le jeudi jusqu’au 3 mai sur XL Airways) et Marsans (le mardi jusqu’au 27 avril, sur XL aussi, avec un toucher à l’aller à Punta Cana).
Une pluie de projets
Look en a profité pour inaugurer sur place un deuxième Lookéa, le Samana, en pleine nature. D’autres projets sont en cours. La chaîne Bahia Principe vient ainsi d’ouvrir quatre établissements 5b dont El Portillo à Las Terrenas (principale ville de la presqu’île), entièrement rénové. Un golf de 18 trous est en construction à l’horizon 2008. Tout comme une marina qui facilitera l’arrivée des bateaux de croisières. De quoi faire décoller la région, de surcroît prochainement reliée à la capitale Saint-Domingue par une route Nord-Sud.
Samana renouvelle l’offre et peut séduire tous ceux qui veulent revenir en République dominicaine, avec une alternative à Punta Cana, constate Mercedes Castillo. Elle insiste plus que jamais sur la diversité de l’île et table à l’avenir sur les niches (golf, incentive, séminaires…) pour développer encore le marché français. Un nouveau manuel de vente à destination des agences vient d’être édité en ce sens.