La Corse-du-Sud, entre mer et maquis
De ses plages paradisiaques aux aiguilles de Bavella, la Corse séduit et fidélise. Cette montagne surgie des flots draine les foules, surtout dans le sud de l’île, jusqu’à Bonifacio. Son secret : ne pas avoir sacrifié son patrimoine naturel sur l’autel de l’industrie touristique.
L’île de Beauté est une montagne, avec le maquis en écharpe, qui plonge dans la Méditerranée. Ses habitants ont longtemps déserté le littoral, synonyme d’attaques par la mer et de malaria. Aujourd’hui, ses côtes aux couleurs des Caraïbes sont prises d’assaut par 2,5 mil-lions de visiteurs annuels. Le sud de la Corse surtout. Entre Bonifacio, Porto-Vecchio et Ajaccio, l’affluence estivale peut d’ailleurs dérouter. Sans surprise, les hôtels, de petites capacités, affichent vite complet. Et les prix s’envolent, notamment au niveau de l’aérien, qui reste le talon d’Achille de l’île. Résultat : un aller simple Paris/Ajaccio peut facilement coûter 200 e TTC. Nombre de professionnels et de voyageurs désespèrent de voir l’avènement de compagnies low cost, qui rendent si attractives des destinations concurrentes comme la Sardaigne voisine. L’ouverture de vols à bas coût permettrait de développer les courts séjours, vrais leviers d’allongement de la saison touristique. Mais le lobbying exercé par Air France et CCM Airlines semble tout-puissant, estiment plusieurs observateurs. Easyjet vient d’inaugurer ses premiers vols vers la Corse (Bastia et Ajaccio), depuis Genève et Londres. Une première brèche ?
En attendant de connaître la réponse, l’île promeut ses atours préservés avec le slogan Réserve naturelle de vacances. En parallèle, la destination pousse sa charte qualité auprès des professionnels du secteur. Sur place, les hôteliers sont pour l’heure davantage mobilisés par une saison 2008 qui démarre tout doucement. Sans nourrir de vraies inquiétudes, même si les capacités aériennes manquent certains week-ends. Le creux de la vague vécu en 2004, année marquée par des grèves, n’est plus qu’un mauvais souvenir. L’île a remonté la pente, année après année. Nous avons retrouvé les niveaux de fréquentation de 2003, souligne Jean-Louis Franceschini, directeur commercial et ventes d’Ollandi Voyages.
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