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L’Espagne, reine du bal chez les Français

Longtemps recherchée pour ses côtes ensoleillées, le pays met aujourd’hui en avant les villes d’art et un hébergement adapté à une clientèle à plus haute contribution. Et les compagnies low cost facilitent les courts séjours dans des villes devenues branchées.

Qu’est-ce qui fait courir les Français en Espagne ? Depuis plusieurs décennies, le pays arrive en tête des séjours préférés de nos compatriotes à l’étranger. Selon la direction du tourisme, 16 % des Français qui sont sortis de nos frontières en 2006 ont franchi les Pyrénées, contre 11 % pour l’Italie, seconde du classement.

Cet engouement fut longtemps dû à la proximité de la destination, accessible pour des escapades, et à ses tarifs défiant toute concurrence. Avec les prix au plus bas de l’immobilier espagnol dans les années 60-70, bon nombre de Français se sont en effet offert une résidence secondaire sur la Costa Brava ou la Costa Dorada. En 1975, la mort du général Franco a fait tomber les réticences de ceux qui refusaient de cautionner le régime franquiste. Les JO de Barcelone en 1992, l’Exposition universelle de Séville ont encore contribué à donner au pays une image dynamique. Depuis, et malgré la croissance économique qui a fait grimper les prix et l’arrivée de l’euro qui a permis les comparaisons, l’Espagne n’a toujours pas lassé nos compatriotes. En 2007, plus de 9 millions d’entre eux ont choisi la destination avec un séjour moyen de 7,8 jours.

Un marché qui échappe aux TO hexagonaux

Première raison de cet engouement : les milliers de kilomètres de côtes ensoleillées bien sûr, dont près de 2 000 en Méditerranée. C’est ici, de la Costa Brava jusqu’en Andalousie, des îles Canaries aux Baléares, que sont concentrés 80 % de la capacité hôtelière du pays. Pour les clients français, la proximité de la destination est également un atout capital : seulement 20 % d’entre eux prennent l’avion, préférant rejoindre la côte avec leur propre voiture.

Du coup, le marché échappe en grande partie aux TO hexagonaux. Selon l’Association de tour opérateurs/Ceto, le nombre de forfaits vendus en Espagne continentale n’était que de 241 000 l’an dernier, et de 91 000 pour les Baléares. Des chiffres dérisoires par rapport à la taille du marché. C’est évidemment la Catalogne et sa Costa Brava, faciles d’accès par autoroute, qui arrivent en tête des lieux de villégiature (52 % des Français qui se rendent en Espagne). L’offre locative, relayée dans l’Hexagone par Odalys, Lagrange, Interhome, Maeva ou Pierre et Vacances, y est conséquente. Viennent ensuite l’Andalousie avec 10 %, puis Madrid et la région de Valence. Baléares et Canaries suivent loin derrière, avec respectivement 216 000 et 162 000 Français… Bien peu, comparé aux 3 millions d’Allemands qui visitent chaque année les Baléares !

Du coup, les TO ont toutes les peines du monde à trouver des capacités dans l’archipel. En 2006, les îles Baléares ont accusé une chute du nombre de touristes français de 24 % par rapport à 2005. Mais cette année, ils reviennent ! Nous passerons de 198 000 à 242 000 visiteurs, principalement sur les îles de Majorque et Ibiza, assure Jaime-Exel Ruiz, directeur de l’OT espagnol à Paris.

Les projets des TO fusent

Chez les voyagistes français, la production fait du coup la part belle aux côtes. Leader sur la destination avec 142 000 clients en 2006, Fram couvre l’ensemble du littoral de l’Espagne Continentale et de ses îles. Notre offre est essentiellement balnéaire : 47 000 clients choisissent les côtes du nord-est, 36 000 Majorque, 27 000 les Canaries, 18 000 l’Andalousie et 10 000 Ibiza, le reste étant constitué de courts séjours dans les villes, précise Georges Vialard, responsable de la production. Le TO annonce pour l’été l’ouverture d’un Framissima sur la Costa Dorada, à 150 km au sud de Barcelone. Fram est toutefois l’exception, ou presque.

Face à la tentation des clients de se débrouiller seuls, ses concurrents, de Jet tours à Mundicolor, d’Iberica à Aerosun, tablent plutôt sur un trio Andalousie, Baléares et Canaries, qui demande un acheminement en avion. A juste titre ! Car au vu des chiffres du Ceto qui courent d’octobre 2006 à fin septembre 2007, si l’Espagne continentale stagne, Baléares et Canaries augmentent respectivement de 18 % et 7 % en trafic. Un phénomène qui devrait perdurer l’été prochain, si l’on en juge par les projets de développement des voyagistes. Et ce en dépit des companies low cost, de plus en plus nombreuses à voler vers les îles espagnoles.

Marmara, qui a déjà conquis les Baléares en faisant venir 30 000 clients l’été dernier pour sa première saison, complètera ainsi son offre avec un second hôtel-club à Majorque en 2008. Et Iberica programmera pour la première fois la Grande Canarie et Ibiza l’été prochain. L’île est connue pour ses fêtes et nous proposerons une sélection d’appart-hôtels afin de répondre à une clientèle jeune, explique le directeur Antonio Sanchez. Reine de la fête, mais recherchée aussi pour son arrière-pays authentique, Ibiza semble donc se faire doucement une petite place dans le coeur des Français, longtemps effarouchés par la forte domination allemande et anglaise. Fram renforcera lui aussi sa présence, et la compagnie espagnole Vueling annonce déjà trois vols hebdomadaires pour l’été, qui passeront à 5 en août.

Une richesse culturelle enviée

Conquis par les côtes en été, les Français sont toutefois de plus en plus attirés par les villes le reste de l’année. Madrid, Barcelone et Séville en tête, les villes d’art espagnoles possèdent en effet une richesse patrimoniale incomparable, et assez méconnue. Mieux, Barcelone est devenue une ville résolument branchée, qui attire les bobos de toute l’Europe, tandis que le musée Guggenheim de Bilbao a donné un second souffle à cette ville. Et la croissance économique du pays en fait rêver plus d’un ! L’Espagne comptabilise ainsi le plus grand nombre de villes classées au Patrimoine mondial de l’Humanité : 13 sont labellisées Unesco, d’Avila à Saint-Jacques-de- Compostelle, de Cordoue à Tarragone ou Ibiza. Les villes se sont améliorées, à l’image de Séville dont le centre est piétonnier, confirme José Etchevaria, patron de Mundicolor.

Cette richesse culturelle se retrouve dans les brochures des spécialistes des courts séjours. Transeurope décline Barcelone, Madrid, Valence et Séville, Donatello rajoute Grenade, Bilbao, Tolède, Cordoue, Malaga et Ronda. Les généralistes (Jet tours, Visit Europe, Thomas Cook ou Nouvelles Frontières) se positionnent quant à eux sur les valeurs sûres constituées par le trio Madrid, Barcelone et Séville. Tous prennent néanmoins de plein fouet la concurrence d’Internet, et des forfaits dynamiques vol + avion. 90 % de nos ventes se font via le web, grâce notamment aux nombreux sites qui nous revendent en marque blanche, se félicite Carlos Da Silva PDG de Go Voyages. Les escapades vers Madrid et Barcelone arrivent en tête de notre production et contribuent largement à la croissance. Sur 105 500 passagers transportés cette année vers l’Espagne, 15 000 ont choisi un forfait dynamique. Cela peut paraître encore faible, mais cela représente 50 % d’augmentation par rapport à 2006 !

Cette envolée de l’offre vers les villes d’art n’a été possible que grâce au fort développement des liaisons aériennes entre la France et l’Espagne. En quelques années, compagnies régulières et opérateurs low cost ont occupé le terrain, et desservent aujourd’hui l’ensemble des villes espagnoles, de Paris mais aussi de plus en plus depuis la province française. Toutes compagnies confondues, Paris est ainsi reliée 32 fois par jour à Madrid et Lyon 7 fois à Barcelone ! L’augmentation des liaisons vers les villes dites secondaires est tout aussi spectaculaire : Séville avec Air Europa, Clickair et Vueling (5 vols quotidiens de Paris), mais aussi Bilbao, Saint-Jacques-de-Compostelle ou Alicante donnent un nouveau coup de fouet aux courts séjours. La plupart de ces villes n’étaient pas ou peu connues. A elle seule, Madrid totalise déjà 5 à 6 % du nombre de Français en Espagne. Cela laisse augurer un beau développement pour les autres villes, commente le directeur de l’office espagnol du tourisme.

Le haut de gamme à la fête

D’autres thématiques ont trouvé un écho auprès de la clientèle française. Les circuits à la carte ou accompagnés, principalement en Andalousie, sont toujours très demandés, notamment chez les autocaristes. Mundicolor en propose même une version tonique avec son mototour Andalousie en Harley Davidson.

A noter également, le beau succès du parc d’attractions Port Aventura, situé au sud de Barcelone, qui attire de plus en plus de Français éduqués aux parcs de loisirs par Disneyland Paris ou le Parc Astérix. En 2006, Port Aventura a accueilli plus de 400 000 visiteurs français (+14 % par rapport à 2005). Et le site est devenu une destination à part entière, proposée par exemple par Forfait Flash, Nouvelles Destinations ou Lagrange. En 13 ans, la durée de séjour sur le site s’est allongé. Et avec l’hôtel Beach Club, nous allons coupler séjour balnéaire et visite du parc, précise Issam Bonalam, chez Forfait Flash.

Pierre et Vacances y croît lui aussi. D’ici 2010, le groupe proposera une résidence toute neuve à l’entrée du parc. Les résidences de tourisme telles qu’on les conçoit en France n’existent pas en Espagne. C’est un créneau sur lequel nous nous positionnons. Fin 2008, nous ouvrirons par exemple une résidence de 330 appartements sur la Costa del Sol, explique Christian Bertin, directeur de l’hébergeur.

Cette offre locative, classée 3 ou 4b, entre directement en concurrence avec l’hôtellerie souvent jugée vieillissante, en particulier sur les côtes andalouses et aux Baléares, qui se sont développées dans les années 70. Pour capter une clientèle habituée aux hôtels de luxe ou de charme, l’Espagne a donc fait aussi des efforts en rénovant ses établissements. Et les projets d’ouvertures visent dorénavant essentiellement le haut de gamme.

Ainsi la chaîne de luxe Mandarin Oriental ouvrira en 2009 un premier établissement de 98 chambres à Barcelone, ainsi qu’un complexe de 153 chambres avec terrasses, 19 villas et 61 appartements à Marbella (Andalousie) en 2010. D’autres projets 5b verront également le jour à Ibiza et Majorque d’ici fin 2008. Aux grandes chaînes (Sol Melia, Iberostar et Riu) bien commercialisées par les TO, il faut rajouter une centaine de Paradores, des hôtels de charme situés partout dans le pays et sur les îles. Notre brochure «charming» propose des hébergements en hacienda et dans des bâtiments historiques. Elle fonctionne très bien, notamment en Andalousie où nous proposons la plus grosse offre, assure Benoît Thépenier, directeur commercial chez

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