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JO 2030 : les entreprises dans les starting-blocks

À quatre ans de l’événement, le Comité d’organisation des Jeux olympiques d’hiver 2030 a invité les acteurs économiques à se mobiliser et à répondre à des appels d’offres.

Mercredi 25 mars, le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques (Cojop), a réuni plus de 600 entrepreneurs au Palais de la Bourse à Marseille pour battre le rappel autour des JO 2030 dans les Alpes. L’objectif de grand raout intitulé « Meet the Buyers » ? Mobiliser les filières économiques des deux régions concernées par l’organisation de l’événement international : PACA et Auvergne-Rhône-Alpes.

Sur un fond de crise de gouvernance – le directeur général a quitté le navire ainsi que d’autres responsables -, Edgar Grospiron, président du Cojop, s’est voulu rassembleur. « Nous voulons faire de ces Jeux d’hiver un projet ouvert et créateur d’opportunités pour les territoires qui les accueillent ». Pour rappel, ces JO d’hiver seront les quatrièmes à se dérouler en France, après Chamonix en 1924, Grenoble en 1968 et Albertville en 1992.

Le nouveau maire de Nice juge le projet trop coûteux

À moins de 1500 jours de l’événement, dont l’ouverture est prévue le 1er février 2030 à 20h, devant 3 milliards de téléspectateurs, une quarantaine d’ouvrages et d’infrastructures sont à mettre en œuvre sur quatre territoires : la Haute-Savoie, la Savoie, le Briançonnais et la ville de Nice (pour les sports de glace). « L’ensemble comprend des équipements sportifs à rénover, quatre villages olympiques à construire, plus des ouvrages de mobilité douce et des bâtiments d’accueil à créer. Nous ouvrons les appels d’offres aux PME et TPE locales », détaille Edgar Grospiron. La cartographie des sites, qui sera validée en juin par le CIO, couvre Le Grand Bornand, La Clusaz, La Plagne, Val d’Isère, Courchevel, Serre-Chevalier, Montgenèvre et Nice.

Eric Ciotti, le tout nouveau maire de Nice, s’est d’ailleurs opposé publiquement à la construction d’une patinoire et du village olympique sur ses terres, jugeant le projet trop coûteux. En tant que président de la région Paca, Renaud Muselier a affirmé que « les équipes se parlent et qu’une solution définitive sera prise entre le 15 et le 30 avril prochain ».

Au total, un montant de 1,4 milliard d’euros sera investi dans les infrastructures, dont 800 millions de financements publics. La plateforme Marchés 2030 est l’interface unique des entreprises pour accéder aux marchés publics. « Les ouvrages devront être livrés à la fin de l’été 2029 », souligne Damien Robert, directeur général de la Solideo qui pilote les appels d’offres. Autant dire que le timing est serré, sachant que les travaux vont démarrer au deuxième semestre 2026 et qu’ils ne peuvent être réalisés que sur 8 mois de l’année en raison des conditions climatiques hivernales.

Plus d’un million de billets mis en vente

D’après les organisateurs, les secteurs les plus impactés par les JO, en dehors du BTP, seront le spectacle, l’audiovisuel, l’événementiel, les transporteurs (1500 cars seront nécessaires notamment), les hôtels et restaurants, avec 46 000 emplois à la clé. « Selon des études d’impact réalisées pendant la phase préparatoire, les retombées économiques des jeux seront de 6 milliards d’euros, dont 2,4 milliards nets, estime Edgar Grospiron. Avec plus d’un million de billets mis en vente, on attend une grande majorité de visiteurs internationaux. Sur Nice, les 15 jours des épreuves devraient générer 400 millions d’euros de retombées locales ». Reste à savoir l’ampleur du phénomène d’éviction des clients habituels : les épreuves sportives sont organisées pendant les vacances scolaires d’hiver 2030.

Quant au Comité régional du tourisme de Paca, il est déjà à pied d’œuvre. En marge de « Meet the Buyers », son président François de Canson et le directeur général Loïc Chovelon, précisent : « Avec le CRT AURA et Atout France, nous avons créé cinq groupes de travail autour de l’amélioration du parcours client, que ce soit la création de nouveaux produits touristiques, la montée en gamme de l’hébergement dans les Alpes du Sud, l’accès aux handicapés, la fluidité de l’accueil, la transformation des villages olympiques en logements pour saisonniers par exemple ». Le projet-phare est lié à la mobilité pour alléger le trafic routier : la ligne de TER Marseille-Briançon devra relier les deux villes en trois heures, au lieu de cinq actuellement.

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