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Ihrir

Sur la piste des zeribas

Negla ! (en avant, en tamachek, la langue touareg), lance Ibrahim. Notre guide a coiffé son chèche (turban) et chaussé ses lunettes fumées. Du campement basé dans l’oasis d’Ihrir, notre tribu part en file indienne vers une vallée. Tout autour, un éboulis de grès se perd en escaliers, puis en paliers. Chacun a les yeux rivés sur ses pas. Seul résonne sous nos pieds le claquement de quelques pierres. Soudain, surgit une enfilade de guelta (vasques rocheuses). Leurs eaux, qui invitent à la baignade quand le thermomètre s’affole, courent dans un lit rocheux. Ce magnifique serpent émeraude nous servira de boussole toute la matinée. Sa présence justifie l’existence d’un petit village d’été, qui nous attend 3 h 30 plus loin. Il a pris le nom d’Idaren (les pieds), car ce fut longtemps le seul moyen d’y accéder. Il regroupe une trentaine de zeribas, qui ressemblent aux bories provençales. Ces maisons rondes, en pierres et feuilles de palme, sont abandonnées en ce mois de décembre. Pourtant, leurs locataires ont déjà thésaurisé une réserve de dattes, en vue de la saison chaude. Des familles entières quitteront alors leurs maisons pour se retrouver ici, où les eaux semblent éternelles. Car Aman Iman (l’eau c’est la vie) comme dit le proverbe touareg. Autrefois, c’est Ihrir qui tenait lieu de village d’été. Mais la sécheresse est passée par là, réduisant les pâturages comme une peau de chagrin. Les hommes ont dû rejoindre Djanet et le nord du pays, où se concentrent les sociétés pétrolières… et le travail. Désormais, Ihrir n’abrite plus que quelques centaines d’âmes sédentaires : enfants, femmes et aînés. La vie s’organise autour de l’école, du dispensaire et des grandes fêtes de famille. Ce soir, tout le village est en effervescence, à la veille de deux mariages.

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