Frisson sablé dans le Sud algérien
L’Algérie a pansé ses plaies depuis 2000. Les voyageurs ont repris la route de Djanet et de Tamanrasset, et les spécialistes de la randonnée s’acheminent vers une belle saison. Même si la renaissance du Sud algérien, l’un des plus beaux déserts au monde, reste fragile.
L’Algérie fascine, à commencer par le grand Sud. Le photographe Yann Arthus-Bertrand lui a récemment consacré un beau livre, et plusieurs magazines (Géo, Grands Reportages) lui ont accordé leur une. Quant aux spécialistes de la randonnée, ils ont musclé leur production sur le Hoggar et les tassilis (plateaux gréseux) environnants.
Fini donc l’actualité dramatique de l’Algérie qui a occulté, dans les années 90, ses trésors : des dunes immenses, saupoudrées de roches lunaires. Le ministère du Tourisme mise d’ailleurs sur le Sahara, qui couvre 75 % du pays. 200 ME devraient être débloqués pour rénover les hôtels des sables. Loin de prétendre à l’affluence de ses voisins (Maroc et Tunisie), la destination reprend doucement des couleurs.
C’est Point Afrique qui, en 2000, l’a remise sur la carte avec un premier vol affrété vers Tamanrasset. Les agences entichées du désert ont suivi, trop contentes de reprendre la piste du Sud algérien, après dix ans de privation. Depuis, tous parlent d’une renaissance au long cours. Nous avons retrouvé les niveaux de 1992, souligne Hervé Saliou, directeur de Déserts. Maurice Freund, fondateur de Point Afrique, ajoute : Nous avons commencé la saison sur les chapeaux de roue avec, entre Aigle Azur et nous, 800 clients les 28 et 29 octobre. Depuis, la reprise a ralenti, mais au global, nous restons en croissance de 30 % par rapport à l’hiver dernier. Deux clients sur trois nous demandent toutefois si le vol passe par Alger.
Car la géopolitique reste un grain de sable dans la reprise. Pourtant, les conditions de sécurité sont réunies selon le Quai d’Orsay, qui n’émet qu’une réserve : les clients doivent passer par une agence agréée pour des voyages dans le Sud. En réponse à la trentaine de touristes européens portés disparus en 2003 (puis relâchés), qui voyageaient sans guide.
%%HORSTEXTE:1%%%%HORSTEXTE:2%%%%HORSTEXTE:3%%%%HORSTEXTE:4%%