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ÉDITO. Un protocole sanitaire qui tarde, et qui retarde la reprise du tourisme

Comment les hébergeurs et autres lieux touristiques s’organisent au niveau sanitaire ? Ce n’est pas toujours très clair, dans l’esprit des acteurs du tourisme comme des voyageurs.

Les professionnels du tourisme le répètent à l’envi, et avec raison : la sécurité sanitaire sera un élément fondamental de la reprise. Les voyageurs veulent savoir s’ils seront autorisés à partir en vacances, dans leur département, un rayon de 100km ou davantage. Et s’ils pourront vivre sereinement leurs escapades ou leurs vacances. Dans les résidences de tourisme, hôtels, clubs et campings, les restaurants et autres espaces communs seront-ils ouverts ? Les piscines seront-elles régulées par une gestion horaire des flux ? Quid des clubs-enfants ? Avec distanciation sociale et port du masque obligatoire un peu partout ?

Afin de trouver de premières réponses, le groupe hôtelier Accor a établi avec le Bureau Veritas un protocole sanitaire certifié pour tous les établissements que recouvre l’acronyme HCR (hôtels, cafés, restaurants). Une bonne idée afin de partager des consignes et de bonnes pratiques pour un très grand nombre d’entreprises françaises. Problème : ce protocole n’est toujours pas validé par les ministères compétents. Dommage que cette validation prenne autant de temps. La période du confinement et le début du déconfinement laissaient justement le temps aux hôtels de se préparer, de former leur personnel, et d’informer le public pour les mettre dans une relation de confiance. Car les hôtels, par exemple, n’ont jamais été fermés.

La sécurité sanitaire peut devenir un atout concurrentiel de la destination France.

Des chaînes d’hôtels et des plateformes d’hébergement ont mis à profit ces dernières semaines pour écrire des normes sanitaires, parfois très coûteuses au nom de la distanciation sociale. Leurs bons engagements permettent d’anticiper la reprise et sont activés comme des leviers intelligents de communication, pour lever des freins. Ils sont complémentaires à une démarche plus globale et sectorielle dont la destination France a bien besoin pour traverser la tempête. Regardons à l’étranger. Le Portugal a créé le label Clean & Safe. Déjà, plus de 3000 entreprises ont demandé et obtenu le label, ce qui leur permet de l’apposer fièrement. C’est un argument concurrentiel, pour promouvoir la destination Portugal et montrer qu’elle prend ses responsabilités face au Covid-19. Le label du Portugal n’est sans doute pas parfait – il faudra effectivement des contrôles voire des sanctions pour lui donner une véritable force. Mais il a le mérite d’être en place depuis le 24 avril, et de montrer que l’industrie est dynamique, solidaire, responsable. Il faut effectivement s’activer dans les meilleurs délais afin de rassurer les salariés comme les consommateurs. En France, le protocole sanitaire de déconfinement pour les entreprises du secteur privé, rédigé par le ministère du Travail, donne un cadre général, mais qui reste insuffisant. Les professionnels du secteur de l’hébergement ont besoin de précisions du gouvernement et de visibilité pour préparer la saison… ou éventuellement y renoncer. La validation des prérequis sanitaires pour les acteurs du tourisme n’a que trop tardé, et retardé la préparation des entreprises et territoires à l’accueil des clients.

Après, la critique est toujours facile, c’est bien évident. Et le secrétariat d’Etat en charge du tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, a entrepris un travail colossal et formidable avec toute la filière tourisme, sur bon nombre d’autres sujets. Le système des avoirs établi par l’ordonnance du 25 mars 2020 a été un grand soulagement pour les entreprises visées. L’Etat a aussi su mettre la main à la poche : plus de 10 milliards d’euros en prêts garantis par l’Etat, soutien pour l’activité partielle, reports et annulations de charges. Sans compter le plan Marshall de 1,3 milliard d’euros que prévoit la France, toujours pour la filière tourisme. Jamais le tourisme n’a été aussi bien soutenu par les instances officielles. Il faut juste appuyer sur l’accélérateur au niveau des normes sanitaires, qui seront un atout pour le tourisme domestique, et demain à l’international…

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