Cure d’austérité pour Air France
La compagnie a dévoilé un premier train de mesures d’économies. Mais c’est le second, dont l’annonce est prévue après les élections présidentielles, qui intéresse le plus les salariés.
Les salariés et les clients d’Air France-KLM sont priés d’attendre les élections présidentielles pour connaître les changements structurels de la compagnie. La semaine dernière, la direction du groupe a dévoilé la première partie de son plan de restructuration, comprenant deux milliards d’euros d’économies, supportées pour les deux tiers par la seule compagnie Air France. La seconde partie, portant notamment sur la transformation stratégique, sociale et commerciale du groupe, ne devrait être connue qu’à partir de mai-juin 2012.
« STRATÉGIE D’ANNONCES CRESCENDO »
Sans surprise, les premières mesures concernent des économies d’urgences évaluées à un milliard d’euros (voir encadré). Celles-ci, sans réel impact sur l’emploi pourraient toutefois affecter rapidement l’opérationnel de la compagnie. Le transporteur veut ainsi restructurer son activité court et moyen-courrier, qui a perdu 700 millions d’euros l’an dernier, et prévoit de ramener ses investissements sous la barre des 5 milliards d’euros pour les trois prochaines années, ce qui aura des répercussions sur les livraisons d’avions. Le transporteur montre ainsi que ni la refonte de son offre NEO lancée en 2010, ni même le projet Bases Provinces, ne seront suffisants à éponger la fuite de cash provoquée par l’activité court et moyen courrier. Il faudra aller donc plus loin que des reports de livraisons d’avions, des réorganisations ou des suppressions de lignes. Les syndicats s’inquiètent d’ailleurs de cette « stratégie d’annonces crescendo ». Tous craignent le prochain rendez-vous, concernant la réorganisation structurelle de l’entreprise, qui passera par une renégociation des accords d’entreprises régissant l’organisation du travail. Le pacte social, instauré par Jean-Cyril Spinetta lors de sa première mandature pourrait tanguer, de plus en plus fort, à mesure que les hausses de productivités nécessaires pour contrer les concurrents Lufthansa ou IAG (British Airways et Iberia) provoqueront des sureffectifs dans les rangs de AF-KLM. Dans ce cas, l’emploi sera menacé.
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